Macron reçoit Nawaf Salam, Paris en quête d’influence malgré son effacement sur le dossier libanais
© Getty ImagesLa rencontre Macron–Salam s’inscrit dans un contexte de cessez-le-feu fragile au Liban. La France affiche son soutien mais reste marginalisée dans les négociations dominées par d’autres acteurs. Paris tente de préserver son rôle diplomatique malgré une perte d’influence manifeste.
Emmanuel Macron reçoit le 21 avril le président du conseil des ministres du Liban Nawaf Salam à l’Élysée, dans un contexte de cessez-le-feu fragile au Liban et de tensions persistantes dans le sud du pays. Officiellement, la rencontre vise à réaffirmer le soutien de la France à la souveraineté libanaise, à l’intégrité territoriale du pays et au monopole des armes par l’État, tout en abordant l’aide humanitaire et les réformes économiques nécessaires à la reconstruction.
Mais derrière cette séquence diplomatique se dessine une réalité plus inconfortable pour Paris. La France, longtemps acteur central du dossier libanais, apparaît désormais reléguée au second plan. Écartée des négociations israélo-libanaises à la demande de Tel Aviv, elle tente de maintenir une présence politique sans véritable levier d’influence.
De moins en moins de poids
Les déclarations virulentes de responsables israéliens, affirmant vouloir tenir les Français à distance des discussions, traduisent un déclassement assumé et une dégradation nette des relations bilatérales.
Dans ce contexte, la visite de Nawaf Salam prend des allures de geste symbolique davantage que d’étape décisive. Paris insiste sur la nécessité de respecter le cessez-le-feu et de soutenir l’armée libanaise, notamment après la mort récente d’un Casque bleu français dans une attaque attribuée au Hezbollah, que le parti chiite dément. Mais ces prises de position peinent à masquer l’absence de rôle structurant dans les discussions en cours, dominées par les États-Unis et leurs alliés.
La diplomatie française, active en façade et multipliant les contacts, semble désormais contrainte d’accompagner un processus qu’elle ne pilote plus. Le déplacement prévu de Nawaf Salam au Luxembourg, à l’invitation de Kaja Kallas, illustre d’ailleurs le recentrage du dossier au niveau européen, loin du leadership traditionnel revendiqué par Paris. Entre volonté d’exister et perte d’influence, la France tente de sauver la face sur un terrain où elle n’impose plus le tempo.