Corruption en Ukraine : l'affaire Ermak menace d’éclabousser Zelensky
Source: Gettyimages.ruLe procès pour blanchiment d'argent impliquant l'ex-bras droit de Volodymyr Zelensky, Andriï Ermak, pourrait, selon Le Monde, fragiliser davantage le chef du régime kievien, déjà touché par une série de scandales de corruption depuis novembre 2025.
Un nouveau scandale de corruption ayant éclaté en Ukraine menace une nouvelle fois les plus hauts dirigeants du pays. Le Monde a rapporté, le 12 mai, que les accusations portées par le Bureau national anticorruption ukrainien (NABU) et le Parquet spécialisé anticorruption (SAP) contre l'ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Andriï Ermak, pourraient également concerner le chef du régime de Kiev lui-même.
Le journal a notamment évoqué le scandale de corruption ayant éclaté en Ukraine en novembre dernier, lorsque les agences anticorruption avaient mis au jour un système de blanchiment d'argent de 100 millions de dollars dans le secteur de l'énergie, impliquant l'homme d'affaires et proche collaborateur de Zelensky, Timour Minditch.
Selon Le Monde, si, en novembre, le chef du régime de Kiev avait « réussi à prendre ses distances » et à « minimiser les dégâts politiques », les accusations portées contre Ermak pourraient cette fois-ci toucher directement Zelensky. Le quotidien souligne que la question centrale reste de savoir dans quelle mesure Zelensky était informé des agissements de son entourage.
Zelensky dans le viseur ?
Ermak a été inculpé pour participation à une opération de blanchiment d'argent le 11 mai. Le NABU et le SAP ont annoncé avoir démantelé un groupe organisé impliqué dans la légalisation de 460 millions de hryvnias (environ 8,97 millions d'euros) dans le cadre d’un projet de construction de logements de luxe près de Kiev.
Selon l'enquête, le projet, lancé en 2020, prévoyait la construction de quatre résidences privées destinées aux membres du groupe, parmi lesquels figurerait Ermak.
Outre Le Monde, le journal ukrainien Strana a émis l'hypothèse que Zelensky, à l'instar d'Ermak, pourrait être mis en cause dans une affaire pénale liée à la construction de villas. L'enquête du NABU indique qu'il y aurait quatre commanditaires, désignés dans les enregistrements publiés sous les codes R1, R2, R3 et R4.
Toujours selon Strana, R2 correspondrait à Ermak, R4 à l'ancien vice-Premier ministre Alexeï Tchernychov et R3 à l'homme d'affaires Timour Minditch. D'après les analystes du journal ukrainien, le code R1 pourrait désigner Zelensky lui-même.
Un scandale impossible à contenir
Rodion Mirochnik, ambassadeur chargé des missions spéciales du ministère russe des Affaires étrangères pour les questions liées aux crimes du régime de Kiev, a déclaré le 12 mai que les pressions exercées sur Ermak donnaient un accès direct à des informations sur les activités de corruption de Zelensky.
Selon lui, les accusations visant Ermak ne laissent aucune possibilité de contenir le scandale à l’intérieur de l’Ukraine et pourraient conduire à ce que le chef du régime de Kiev soit perçu comme un « corrompu notoire » aux yeux de l'Occident.
Mirochnik a estimé que cette affaire marquait le début d’un vaste scandale de corruption susceptible de provoquer d’importants bouleversements en Ukraine comme à l’étranger.