Washington envisage un rôle pour Damas face au Hezbollah
© Getty ImagesDonald Trump estime que la Syrie pourrait jouer un rôle contre le Hezbollah et dit en avoir discuté avec Ahmed al-Chareh. Damas dément toute intention d'intervenir militairement au Liban et privilégie une approche politique et économique. Les déclarations américaines entretiennent les incertitudes sur le rôle que Washington veut confier à la Syrie.
Les déclarations répétées de Donald Trump sur un possible rôle de la Syrie dans la gestion du dossier du Hezbollah alimentent les interrogations au Liban. À plusieurs reprises ces dernières semaines, le président américain a laissé entendre que Damas pourrait contribuer à contenir le mouvement chiite, allant jusqu'à déclarer qu'il serait prêt à « laisser la Syrie s'occuper du Hezbollah ». Il a également salué le président syrien Ahmed al-Chareh, estimant qu'il faisait un « travail remarquable » et qu'il serait « ravi d'aider ».
Ces propos contrastent toutefois avec les déclarations de l'envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, qui avait démenti en mars des informations selon lesquelles Washington faisait pression sur Damas pour déployer des forces au Liban afin d'aider au désarmement du Hezbollah. Plusieurs sources ont néanmoins confirmé que cette hypothèse avait bien été évoquée lors d'échanges entre responsables américains et syriens, sans qu'elle ne débouche sur une quelconque décision.
Le président syrien privilégie le dialogue
Face aux spéculations, les autorités syriennes ont multiplié les démentis. Ahmed al-Chareh a assuré que les propos de Donald Trump avaient été mal interprétés et qu'il n'était nullement question d'une intervention militaire syrienne au Liban. Selon lui, les discussions avec Washington portent avant tout sur des solutions politiques, économiques et diplomatiques destinées à renforcer les institutions libanaises et à favoriser une stabilisation durable du pays.
Damas affirme privilégier le développement de coopérations économiques avec Beyrouth plutôt qu'une implication sécuritaire. Le président syrien s'est également déclaré disposé à dialoguer avec l'ensemble des acteurs politiques libanais, y compris le Hezbollah, si cela pouvait servir les intérêts des deux pays.
Ces assurances ont été saluées par le président libanais Joseph Aoun, qui y voit un moyen de dissiper les craintes d'un retour des forces syriennes au Liban. Elles n'effacent toutefois pas les ambiguïtés entretenues par les déclarations successives de Donald Trump, qui semblent révéler la volonté de Washington d'attribuer à Damas un rôle accru dans la recomposition sécuritaire du Levant et dans les efforts visant à réduire l'influence du Hezbollah.