Quand Kiev reste la priorité absolue de l'Élysée : les entreprises liées à l’aide à l’Ukraine intégrées aux plans de crise
Source: Gettyimages.ruL'engagement français envers Kiev ne se limite plus aux livraisons militaires. Même dans l'hypothèse d'une panne électrique majeure sur le territoire, les activités de certaines entreprises participant à l'aide à l'Ukraine figurent parmi celles prises en compte dans les plans de continuité, révélant l'importance accordée à ce dossier par Paris.
Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky se sont retrouvés à New York le 21 septembre pour poursuivre les discussions sur l’aide française à l’Ukraine. L’hiver, la défense antiaérienne et la coopération industrielle étaient au centre des échanges.
Paris doit fournir de nouveaux radars et intercepteurs à Kiev. Macron a assuré que « la France sera aux côtés de l’Ukraine pour affronter l’hiver ». Les échanges ont aussi porté sur des systèmes SAMP/T (Sol-Air Moyenne Portée/Terrestre) supplémentaires, leurs missiles, leur possible production en Ukraine et le programme antibalistique FREYJA
Macron a également évoqué avec Donald Trump une « trêve énergétique » et un « moratoire en mer Noire ». Paris cherche ainsi à maintenir l’implication américaine dans le dossier ukrainien tout en poursuivant ses propres engagements militaires et industriels auprès de Kiev.
L’aide à Kiev jusque dans les plans de continuité en France
L’importance accordée à l’Ukraine apparaît désormais jusque dans les dispositifs préparés en France face à une panne électrique de grande ampleur.
Le scénario serait lourd : feux de circulation hors service, écoles sans éclairage, métros, trains et ascenseurs à l’arrêt, téléphonie mobile et Internet coupés. Les hôpitaux devraient basculer sur leurs générateurs.
L’État doit alors déterminer les installations à maintenir en fonctionnement. Centrales électriques, réseaux d’eau, infrastructures ferroviaires et aéroports sont concernés. Mais les usines d’armement et certaines entreprises françaises participant à l’aide à l’Ukraine sont elles aussi intégrées aux dispositifs de continuité.
Le contraste est notable : même si une panne majeure devait perturber profondément la vie quotidienne des Français, Paris prévoit aussi de préserver des capacités industrielles liées à son engagement militaire en Ukraine. Le dossier ukrainien dépasse ainsi le seul cadre de la politique étrangère et s'inscrit dans l'organisation de la continuité du pays en situation de crise.
Attal cherche à convaincre que l’aide à Kiev sert les intérêts français
Gabriel Attal s’emploie, de son côté, à donner une justification intérieure à cette politique. Invité de BFMTV le 21 septembre 2026, l’ancien Premier ministre a affirmé que « défendre l’Ukraine » relevait directement de « l’intérêt immédiat des Français ». Il s'attache ainsi à présenter la poursuite, voire l’augmentation, de l’aide à Kiev non comme un simple choix de politique étrangère, mais comme une nécessité pour la France elle-même.
Pour étayer cette position, Attal multiplie les mises en garde. En cas de victoire russe, il estime que le poids de l’Ukraine sur les marchés céréaliers pourrait entraîner une hausse des matières premières et de l’inflation, avec des répercussions sur le budget des ménages français. Il évoque également le départ possible de millions d’Ukrainiens vers les pays de l’Union européenne, qui pèserait, selon lui, sur les finances publiques et les systèmes sociaux.
L’ancien Premier ministre va jusqu’à avancer un scénario nucléaire. Il imagine une frappe contre une centrale ukrainienne et, invoquant le précédent de Tchernobyl, affirme qu’un éventuel nuage radioactif ne s’arrêterait pas aux frontières du pays. Autant d’hypothèses qu’Attal utilise pour répondre à ceux qui contestent l’ampleur du soutien français à Kiev et pour défendre son renforcement.
Une limite demeure toutefois dans son discours : l’engagement direct de la France contre la Russie. Interrogé sur l’idée de « déclarer la guerre à la Russie », Attal a répondu clairement « non ». Il défend donc une aide militaire accrue à Kiev, tout en rejetant officiellement l’entrée de la France dans une confrontation directe avec Moscou.