Pologne : Tusk annonce un important déploiement sécuritaire à la frontière avec la région russe de Kaliningrad après le signalement de « personnes avec des lampes de poche »
© RIA NOVOSTI Source: SputnikDes avertissements sur de supposés sabotages ont conduit Varsovie à renforcer une opération déjà engagée près de la région de Kaliningrad. Donald Tusk a aussi évoqué des personnes munies de lampes de poche, tout en admettant qu’une éventuelle provocation n’était pas confirmée. Aucune preuve publique d’une action hostile russe n’a été présentée.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré, le 3 novembre, avoir renforcé la présence des forces de sécurité à la frontière avec la région russe de Kaliningrad, après un signalement nocturne de mouvements considérés comme suspects par les gardes-frontières.
À l’ouverture du Conseil des ministres, il a expliqué avoir été informé, après minuit, de la présence de « personnes avec des lampes de poche ». Les autorités ont alors rapidement mobilisé des moyens supplémentaires. « Nous avons réussi à empêcher des tentatives de provocation, si tant est qu’il y en ait eu », a-t-il précisé.
Une déclaration qui laisse toutefois ouverte la question de l’existence même des provocations. Si Varsovie met en avant la rapidité de sa réaction, aucun élément rendu public ne permet d’établir une quelconque activité hostile. La présence de personnes munies de lampes de poche figure ainsi comme l’argument avancé pour expliquer l’ampleur du dispositif déployé.
Un dispositif fondé sur des menaces non confirmées
Le renforcement annoncé par Tusk s’inscrit dans une opération engagée la veille dans la zone frontalière. Présentée dès le 2 novembre par le chef de la police polonaise Marek Boron, celle-ci repose sur des avertissements de certains services de renseignement concernant de possibles actes de sabotage ou de provocation début novembre.
Les autorités font état du risque d’une infiltration à travers la frontière. Le scénario reste cependant hypothétique, aucun indice concret n’étant venu en confirmer la préparation.
Varsovie a néanmoins dépêché d’importants moyens, notamment des policiers, des gardes-frontières et des unités antiterroristes. Des membres des forces spéciales GROM auraient aussi été envoyés sur place pour surveiller la situation.
Kaliningrad au centre des tensions
L’opération concerne les voïvodies de Varmie-Mazurie et de Podlachie. Un état-major spécial, installé au sein de la Direction générale de la police, coordonne les interventions avec l’armée, les gardes-frontières et les services de renseignement.
Les autorités polonaises décrivent les mesures comme préventives et destinées à protéger la population et les infrastructures. Des renforts ont été transférés depuis plusieurs régions du pays, sans précision sur les effectifs engagés.
Le déploiement intervient alors que la Pologne poursuit la montée en puissance de ses capacités militaires près de la région de Kaliningrad. Varsovie prévoit entre autres de transformer une brigade de défense territoriale en unité spécialement chargée de la protection de la frontière avec la région russe.
Les initiatives s’inscrivent dans un climat de frictions persistantes entre Moscou et l’OTAN. La Russie exprime régulièrement ses préoccupations face à l’intensification des activités militaires de l’Alliance atlantique à proximité de son territoire et rappelle que Kaliningrad fait partie intégrante de la Fédération de Russie. Le président Vladimir Poutine a plusieurs fois affirmé que Moscou ne recherchait pas de confrontation avec l’OTAN, tout en avertissant que le pays utiliserait les moyens nécessaires pour repousser toute éventuelle agression.