La Russie donnée victorieuse dans un jeu de simulation militaire de l’OTAN, selon le Wall Street Journal

La Russie donnée victorieuse dans un jeu de simulation militaire de l’OTAN, selon le Wall Street Journal Source: Gettyimages.ru
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Un jeu de simulation militaire organisé par d’anciens responsables de l’OTAN a testé la réaction de l’Alliance atlantique face à une offensive russe en Lituanie. En quelques jours simulés, Moscou s’impose sans véritable opposition, profitant d’une hésitation collective côté occidental. Les résultats ont été dévoilés par The Wall Street Journal.

En décembre dernier, un jeu de simulation militaire a mis à nu les faiblesses de l’OTAN face à une offensive rapide simulée de la Russie dans les pays baltes. Les résultats de cet exercice, mené en Allemagne et révélés par The Wall Street Journal, ont suscité de vives réactions dans les milieux diplomatiques et militaires.

Organisé par le Centre de simulation militaire de l’Université de la Bundeswehr en partenariat avec le journal allemand Die Welt, le scénario impliquait seize anciens hauts responsables de l’OTAN, des décideurs politiques allemands et des spécialistes de la sécurité. L’objectif était de tester la réaction de l’Alliance face à une incursion russe simulée en Lituanie, à l’automne 2026.

En invoquant une « crise humanitaire » dans l’enclave russe de Kaliningrad, les forces russes lançaient une opération visant la ville stratégique de Marijampole, au sud de la Lituanie, dans ce jeu de simulation. En mobilisant seulement 15 000 hommes, Moscou parvenait en quelques jours à établir un contrôle territorial sans déclencher de réponse militaire occidentale.

Ce succès éclair ne s’expliquait pas par une supériorité militaire écrasante, mais par une paralysie politique du camp adverse. Selon The Wall Street Journal, les États-Unis refusaient d’invoquer l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, essentiel à la défense collective, arguant d’un contexte « humanitaire ». L’Allemagne, bien que militairement présente sur place, demeurait indécise. La Pologne, pour sa part, mobilisait ses troupes sans jamais franchir la frontière.

Pour Franz-Stefan Gady, analyste militaire ayant joué le rôle du chef d’état-major russe dans la simulation, « la dissuasion repose autant sur les capacités que sur la perception de la volonté. Dans le jeu, nous savions que l’Allemagne hésiterait, et cela a suffi pour gagner », rapporte The Wall Street Journal.

Interrogé par Die Welt, le chef d’état-major lituanien, Giedrius Premeneckas, a reconnu le réalisme du scénario tout en affirmant qu’un tel développement aurait pu être anticipé grâce au renseignement. Il estime que les forces lituaniennes — 17 000 militaires en temps de paix et jusqu’à 58 000 mobilisables immédiatement — auraient suffi à contenir une menace localisée sur Marijampole.

Mais en réalité, en dehors des simulations menées par les cadres de l’OTAN, le président Vladimir Poutine a plusieurs fois affirmé que Moscou ne prévoyait aucune attaque contre des pays membres de l’Alliance. Il a qualifié les spéculations occidentales d’« absurdes » et dénoncé ce qu’il considère comme une rhétorique belliqueuse entretenue par certaines capitales européennes. La diplomatie russe a même proposé au camp occidental de rédiger et signer une déclaration affirmant que la Russie n’a pas l’intention d’attaquer les pays européens.

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