«Un bon élève de Goebbels» : Lavrov fustige l'Occident sur le dossier ukrainien et appelle à un rôle accru de Washington
Source: SputnikLavrov a vivement critiqué l'attitude des pays européens dans le conflit ukrainien. Il a notamment accusé les autorités allemandes de complaisance envers des éléments néonazis en Ukraine et de déformer l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, tout en souhaitant l'implication de Washington plutôt que celle de l'UE dans le règlement du conflit.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue biélorusse Maxime Ryjenkov, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a critiqué l'attitude des Occidentaux concernant le conflit en Ukraine ainsi que leur approche à l'égard de la Russie. Selon lui, l'Europe cherche constamment à créer des problèmes, « comme elle l’a fait pratiquement au cours des cinq derniers siècles, voire même un peu plus tôt ».
« C’est l’Europe qui a déclenché toutes les guerres mondiales. C’est l’Europe qui, bien avant la Première Guerre mondiale, a semé des troubles. Napoléon avait aussi pratiquement mis sous les drapeaux tous les États européens de son époque contre la Russie. L’Europe ne cesse de manigancer », a souligné le chef de la diplomatie russe, précisant qu’il ne se faisait aucune « illusion » quant à la capacité du continent européen, dans sa configuration actuelle, à faire quoi que ce soit d’utile. Lavrov a affirmé ne pas douter que les pays européens s’efforceront de nuire aux initiatives visant à parvenir à un règlement équitable du conflit ukrainien.
Répondant à une question sur les projets de l'Occident visant à utiliser le régime de Kiev contre la Biélorussie, le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que Volodymyr Zelensky se sentait totalement impuni. Selon lui, alors que Minsk est un allié de Moscou et que les pays occidentaux utilisent l’Ukraine contre la Russie, le chef du régime de Kiev affirme sans fondement que la Biélorussie préparerait une attaque contre l’Ukraine. Lavrov a estimé que Volodymyr Zelensky cherchait ainsi à tirer parti de la situation actuelle pour démontrer à quel point il est « gros ».
L'Allemagne « se débarrasse du voile » qui dissimulait ses racines nazies
Le ministre russe des Affaires étrangères a vivement critiqué les autorités allemandes pour leurs tentatives de réécrire l’histoire et de déformer la réalité des événements en Ukraine. Selon lui, les déclarations de responsables allemands sur les questions historiques et sur le conflit ukrainien suscitent souvent le « désarroi » et appellent une réponse plus ferme.
« Quand Monsieur Wadephul, alors que je suis sûr qu’il sait parfaitement que nous en parlons publiquement depuis des années, vient soudain déclarer une fois de plus que Boutcha est le symbole de la terreur russe contre l’Ukraine, il se montre un bon élève de Goebbels. Ça aussi, c’est quelque chose qui persiste », a déclaré Sergueï Lavrov.
Poursuivant son propos, il a affirmé : « Les militaires allemands vont intensifier leur partage d’expérience avec les forces armées ukrainiennes. Autrement dit, avec les néonazis. L’Allemagne est nostalgique des emblèmes nazis et des pratiques nazies dont font actuellement preuve l’armée ukrainienne et les bataillons ukrainiens dits nationalistes. L’Allemagne se débarrasse du voile qui masquait ses instincts profondément nazis, lesquels, s’avère-t-il, n’avaient en rien disparu. »
Moscou espère que la question ukrainienne ne sera pas négligée par Washington
Lors de cette conférence de presse, Sergueï Lavrov a exprimé l’espoir que la question du règlement du conflit en Ukraine ne soit pas reléguée au second plan par les États-Unis qui, selon lui, ont lancé plusieurs initiatives utiles sous la présidence de Donald Trump. Il a également indiqué souhaiter que le dossier ukrainien ne soit pas laissé aux seuls pays européens afin que ceux-ci ne continuent pas à promouvoir des initiatives irréalistes.
Le chef de la diplomatie russe a rappelé que Donald Trump avait confirmé, lors de son entretien avec Vladimir Poutine le 14 juin, la volonté de Washington de contribuer à la résolution de la crise ukrainienne. Lavrov a toutefois estimé que, dans un contexte marqué par le non-respect des engagements occidentaux et par le sabotage, par l’Union européenne, des accords conclus lors du sommet d’Alaska d’août 2025, les développements sur le terrain militaire demeuraient déterminants.
Au cours de sa visite à Minsk, le ministre russe a également rejeté les analyses européennes selon lesquelles Moscou serait en train de perdre le conflit. Qualifiant ces évaluations d’« erronées », il a rejeté tout ultimatum adressé à la Russie.
Par ailleurs, Sergueï Lavrov a confirmé la visite prochaine en Russie de l’envoyé spécial du président américain, Steve Witkoff, ainsi que de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Il a exprimé l’espoir que les négociateurs américains préciseront la manière dont Washington entend mettre en œuvre les accords reposant sur les propositions américaines.