Les producteurs français déclarent la guerre à l’hégémonie de la tomate cerise marocaine
© Volha Halkouskaya Source: Gettyimages.ruPour tenter de contrer le succès commercial de la tomate cerise marocaine sur le marché français, les producteurs hexagonaux en arrivent à adopter certaines méthodes de production utilisées par leurs homologues marocains, en ajoutant des incitations d’ordre économique et social.
Face à la domination sur le marché hexagonal de la tomate cerise marocaine qui s’impose grâce à un prix compétitif de 99 centimes d’euro pour une barquette de 250 grammes, les cultivateurs français se sont unis pour tenter de contrer le succès de ce fruit dont le volume total en France provient à 50 % de l’importation depuis l’étranger.
Pour bénéficier de prix aussi compétitifs, les cerises marocaines profitent d’une industrialisation pour faire baisser les coûts, d’une main-d'œuvre bon marché et de l'absence de barrières douanières à l'entrée des tomates en Europe.
Une affaire de « souveraineté alimentaire »
Pour contrer la concurrence de tomate cerise marocaine, les producteurs français ont tenté d’imiter la méthode marocaine d’industrialisation de la production. Ils ont également adopté une barquette unique en carton, un choix qui permet de réduire le prix final de la tomate cerise française, tout en augmentant la productivité.
Avec de telles méthodes, les producteurs hexagonaux ont réussi à réduire le prix de la barquette de 250 grammes à 1,29 euro, soit 30 centimes de plus que sa concurrente marocaine. L’emballage arbore un drapeau tricolore et l'inscription « Oui à la souveraineté alimentaire française ».
Miser sur les arguments de la garantie sanitaire et de l’emploi
Les producteurs français avancent l’argument des garanties sanitaires supérieures, avec des contrôles phytosanitaires nationaux qualifiés de plus stricts pour les barquettes de tomates cerises. Un autre argument de bataille est par ailleurs avancé pour inciter le consommateur à consentir à la légère différence de prix : un hectare de tomates cerise cultivé en France génère une moyenne de 15 emplois. Un moyen d’inciter les clients à soutenir la production nationale et de renforcer l’indépendance alimentaire française dans ce type de production agricole.