Bras de fer judiciaire autour du 1er Mai en France : les écologistes accusent Lecornu d’abus de pouvoir
© nvo.frLe groupe écologiste à l’Assemblée nationale a saisi le Conseil d’État contre les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu autorisant, sur la base du volontariat, le travail des salariés des boulangeries et des fleuristes indépendants le vendredi 1er mai 2026.
Après le syndicat SUD, les députés écologistes ont franchi une nouvelle étape en déposant deux recours devant le Conseil d’État, l’un en référé-suspension et l’autre au fond. Ils dénoncent un « abus de pouvoir » et un « contournement délibéré de la représentation nationale » tandis que la menace d’une motion de censure avait été brandie par l’ensemble des partis de gauche sur ce sujet.
« Un piétinement du Parlement »
Il y a moins de deux semaines, Sébastien Lecornu avait annoncé depuis Matignon qu’une instruction serait transmise aux services de l’État pour permettre aux salariés volontaires de ces commerces de petite taille de travailler le 1er mai, jour férié et chômé. Une mesure préconisée par l’ancien chef de gouvernement Gabriel Attal.
Cette mesure intervenait après le retrait d’une proposition de loi controversée, face à l’opposition syndicale et aux menaces de censure. « Quatre jours plus tard, Sébastien Lecornu a annoncé sur le perron de Matignon ce que le Parlement ne lui avait pas accordé », déplore le groupe Écologiste et Social dans son communiqué. « C’est un contournement délibéré de la représentation nationale, une atteinte frontale à la séparation des pouvoirs, un piétinement du Parlement ».
Le groupe reproche également au gouvernement d’avoir donné pour instruction à l’inspection du travail de ne pas verbaliser ces ouvertures, alors que des agents font déjà état de consignes contradictoires. La députée Danielle Simonnet, qui représente le groupe lors de l’audience du 29 avril, s’attend à une décision rapide, avant le 1er mai et dénonce un « piétinement du Parlement et le non-respect de l’indépendance de l’inspection du travail ».
1er mai : le groupe @Gpe_EcoloSocial saisit le Conseil d’Etat contre le PM Lecornu pour abus de pouvoir, piétinement du Parlement, non respect de l’indépendance de l’inspection du travail.
— Danielle Simonnet (@SimonnetDeputee) April 28, 2026
Je serai à l’audience pour le groupe ce 29 avril à 11h. pic.twitter.com/zk4ufLiSSj
De son côté, la présidente du groupe La France insoumise, Mathilde Panot, a dénoncé « le fait qu’en République, un Premier ministre puisse décider que la loi puisse être jetée à la poubelle selon son bon vouloir ».
Elle a ajouté : « Le 1er mai, les salariés doivent soit rester chez eux […] soit, encore mieux, venir manifester pour des droits nouveaux ».
Le gouvernement nous explique tranquillement qu'on peut outrepasser la loi et demander aux salariés des fleuristes et des boulangeries de travailler le 1er mai.
— Mathilde Panot (@MathildePanot) April 28, 2026
Nous ne sommes pas d'accord avec cela. Le 1er mai est un jour chômé et férié arraché de haute lutte. pic.twitter.com/mLeWAP0THx
Cette nouvelle séquence illustre les fortes tensions qui persistent autour du 1er Mai, symbole historique des conquêtes sociales. Célébrée depuis la fin du XIXe siècle dans de nombreux pays, la « Fête du travail » est officiellement devenue jour férié en 1941 sous le maréchal Pétain.
L’issue de l’audience de ce 29 avril pourrait clarifier les marges de manœuvre de l’exécutif en matière d’exception au repos férié, dans un contexte où le dialogue avec les partenaires sociaux reste tendu.