Retailleau accuse Macron de «faiblesse» et de «dépendance» vis-à-vis de l’Algérie
© Capture écran TF1Bruno Retailleau a vivement répliqué à Emmanuel Macron après que ce dernier a qualifié de «mabouls» les partisans d’une ligne dure avec Alger. Le président des Républicains et candidat à la présidentielle de 2027 dénonce une politique de «bons sentiments» inefficace.
Ce 29 avril, sur TF1, Bruno Retailleau a directement attaqué la diplomatie présidentielle envers l’Algérie. « Avec l’Algérie, bien entendu, je pense qu’il a fait preuve de faiblesse », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’Emmanuel Macron était « dans une forme de dépendance » vis-à-vis d’Alger, sans préciser les raisons de cette dépendance supposée.
L’escalade fait suite aux propos tenus par Emmanuel Macron lors d’une visite d’hôpital dans l’Ariège. Le chef de l’État avait critiqué « tous les mabouls » qui veulent « se fâcher avec l’Algérie », dans le contexte des difficultés d’exercice des médecins diplômés hors Union européenne (Padhue), dont beaucoup sont algériens. Il avait assuré ne viser « personne », mais la pique a été largement perçue comme dirigée contre Bruno Retailleau, connu pour sa ligne de fermeté.
Dès le lendemain, le patron de LR avait dénoncé un « faux prétexte » et affirmé que « la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec » avec Alger.
« Sortir de la mauvaise conscience mémorielle »
Le 29 avril, il a enfoncé le clou en appelant Emmanuel Macron à « sortir » d’une « mauvaise conscience mémorielle » liée à la colonisation et à la guerre d’Algérie. « Les Français d’aujourd’hui veulent tourner la page », a-t-il insisté. Celui qui entend briguer la présidence de la République en 2027 a interrogé le président : « Je voudrais lui demander s'il est fier du bilan de sa politique algérienne depuis 2017. »
🔴 Algérie : @BrunoRetailleau à propos d'Emmanuel Macron : "J'aimerais qu'il nous regarde ce matin. Je voudrais lui demander s'il est fier du bilan de sa politique algérienne depuis 2017."
— TF1Info (@TF1Info) April 29, 2026
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Dans une lettre virulente révélée par Le Figaro, Bruno Retailleau accuse la politique de « réconciliation » initiée en 2017 d’être « une impasse ». Il reproche au président d’avoir refusé d’utiliser les leviers de pression, notamment sur les visas, face au refus algérien de reprendre ses ressortissants en situation irrégulière. Il évoque aussi les accords de 1968, qu’il promet de dénoncer s’il est élu en 2027. « Nos compatriotes qui, dans leur immense majorité, sont favorables à une politique de fermeté envers le gouvernement algérien ne sont pas des “mabouls”, mais simplement des Français qui exigent que la France soit respectée », écrit-il.
Il dépeint la France comme « une otage consentante des chantages mémoriels » d’un pays qui en ferait son « bouc émissaire ».
L’ancienne ministre Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, a fustigé la communication de Bruno Retailleau dans un long message posté sur X, déclarant que la « stratégie de tension avec l’Algérie prônée par Bruno Retailleau est contraire aux intérêts de la France et des Français ».
#Algerie La stratégie de tension avec l’Algérie prônée par @Retailleau est contraire aux intérêts de la France et des Français. Pour grappiller les voix des nostalgiques de l’Algérie Française. Conséquences : échec sur les OQTF ; recul des partenariats énergétiques (gaz) et… https://t.co/UIxgOduRWI
— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) April 29, 2026
Bruno Retailleau assure n’avoir jamais voulu rompre les relations avec l’Algérie, mais exige que Paris cesse d’être « un paillasson » et que la France soit respectée. Il dénonce notamment la détention du journaliste Christophe Gleizes et les tensions migratoires persistantes. Cette passe d’armes illustre une fracture profonde à droite sur la politique à mener vis-à-vis d’Alger.