Simonian : «Trump, avec ses ambitions de défier le statu quo et de créer quelque chose de nouveau, ressemble à Lincoln»
Source: SputnikMargarita Simonian, rédactrice en chef de la chaîne RT, s’est exprimée sur l’approche de Donald Trump dans le contexte international actuel. En le rapprochant de plusieurs anciens dirigeants américains, elle a évoqué une redéfinition des équilibres internationaux et ses implications possibles pour les États-Unis comme pour l’équilibre mondial.
À la lumière des évolutions actuelles dans le domaine des relations internationales, la rédactrice en chef du groupe médiatique Rossiya Segodnia et de la chaîne RT, Margarita Simonian, a présenté son interprétation de la figure de Donald Trump, le comparant à plusieurs anciens présidents des États-Unis.
« Trump n’est pas Reagan. Il n’est pas Kennedy. Trump, avec ses ambitions de défier le statu quo et de créer quelque chose de nouveau, ressemble à Lincoln. Je ne sais pas s’il réussira ou non. Est-ce que c’est bon pour les Américains ? Pour les Américains, oui, bien sûr. Est-ce que c’est bon pour le reste du monde ? Pas vraiment. Car chaque fois que quelque chose est bon pour l’un, c’est mauvais pour l’autre. Quand le loup est rassasié, l’agneau est mort. Et quand l’agneau est vivant, le loup a faim », a-t-elle observé.
Margarita Simonian a également souligné que les actions de Donald Trump avaient provoqué un basculement profond de l’ordre mondial, qu’elle décrit comme un changement de « devise d’époque », phénomène qu’elle estime n’avoir été observé pour la dernière fois qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les principes qui dominaient jusque-là — droits de l’homme, liberté d’expression, respect des minorités — auraient perdu leur force symbolique, au point de susciter aujourd’hui un cynisme amer dans certaines régions du monde, notamment en Amérique latine.
En outre, la rédactrice en chef de RT a estimé que cette nouvelle phase historique pourrait être résumée par une formule tirée d’une fable de Jean de La Fontaine : « À partir de cette année, notre époque peut être décrite de la façon suivante : "La raison du plus fort est toujours la meilleure". On peut dire que c’est Donald Trump, le dirigeant du soi-disant "monde libre", qui l’a rendue comme ça. »
Elle a tenu à préciser qu’elle n’approuvait en aucun cas cette évolution, tout en indiquant que Donald Trump relevait, selon elle, d’un type d’Américains aujourd’hui en voie de disparition, ceux qui ont « construit » le pays.