Kurdes syriens pris en étau : avancée de Damas, retrait américain et incertitudes sécuritaires

Kurdes syriens pris en étau : avancée de Damas, retrait américain et incertitudes sécuritaires© Getty Images
Les forces syriennes se regroupent autour de la ville de Hassaké. [Photo d’illustration]
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Les forces kurdes syriennes sont désormais acculées face à l’avancée rapide de l’armée de Damas, avec un soutien occidental en retrait. Damas impose des ultimatums et cherche à réintégrer ces régions sous son contrôle, menaçant l’autonomie kurde. La gestion des détenus de l’EI, transférés vers l’Irak, est devenue l’épicentre des inquiétudes.

Dans le nord et l’est de la Syrie, les forces kurdes se retrouvent débordées et isolées face à une progression extrêmement rapide des troupes du régime syrien. Depuis le 18 janvier, l’armée de Damas a repris plusieurs villes et axes stratégiques le long de l’Euphrate, notamment Raqqa et Deir ez-Zor, dans un mouvement qui a surpris observateurs et combattants kurdes par sa vitesse et son ampleur.

Ce recul territorial s’inscrit dans un contexte où l’appui occidental, autrefois essentiel pour les Kurdes syriens dans la lutte contre l’État islamique, s’est tari ces derniers mois au profit d’une normalisation des relations entre les États-Unis et le gouvernement central, accompagnée d’un discours de mise en intégration des forces kurdes au sein de l’armée syrienne.

Alors même que Damas exige un retrait des forces kurdes hors des zones clés en échange d’un cessez-le-feu, l’administration centrale impose un ultimatum qui exacerbe l’incertitude sur l’avenir politique et sécuritaire des populations kurdes locales.

Transfert de 7 000 prisonniers de Daesh vers l’Irak

Les FDS (Forces démocratiques syriennes), principales forces kurdes sur le terrain, doivent composer avec un retrait tacite du soutien américain, qui a redistribué ses priorités stratégiques au Moyen-Orient et accepté que l’armée syrienne reprenne le contrôle de territoires autrefois tenus par les Kurdes. Cette absence de soutien effectif se traduit par une pression militaire accrue sur les positions kurdes et par des négociations qui peinent à aboutir à une entente durable.

La situation sécuritaire se complique davantage avec la gestion des prisons et camps où sont détenus des djihadistes de l’État islamique et leurs familles. Les États-Unis ont annoncé leur intention de transférer jusqu’à 7 000 détenus de l’EI depuis la Syrie vers l’Irak, une décision qui intervient alors que les autorités kurdes sont de moins en moins en mesure d’assurer la sécurité de ces sites faute de moyens et d’appui externe. Ce transfert, s’il se concrétise, illustre l’abandon progressif de responsabilités historiquement assumées par les forces kurdes dans la lutte contre le terrorisme, à un moment où elles sont déjà acculées militairement.

Ce tableau dessine une marginalisation croissante des Kurdes syriens, pris entre une armée syrienne revigorée par ses gains territoriaux, un retrait stratégique de ses anciens alliés occidentaux et des défis sécuritaires internes considérables. La perspective d’une autonomie politique ou d’un accord durable avec Damas semble s’éloigner, tandis qu’une grande partie de la population kurde s’interroge sur son avenir dans une Syrie en pleine recomposition géopolitique.

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