Malgré un repli, le pétrole se dirige vers sa plus forte hausse hebdomadaire depuis 2022

Malgré un repli, le pétrole se dirige vers sa plus forte hausse hebdomadaire depuis 2022© Kamran Jebreili Source: AP
Des pêcheurs devant des pétroliers au sud du détroit d'Ormuz, le 19 janvier 2012, au large de la ville de Ras Al Khaimah, aux Émirats arabes unis. [Photo d'archives]
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Les prix du pétrole ont reculé le 6 mars après six séances consécutives de hausse, alors que Washington envisage des mesures pour contenir l’envolée des cours liée au conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Malgré ce repli, le marché se dirige vers sa progression hebdomadaire la plus marquée depuis 2022.

Les prix du pétrole ont légèrement reculé le 6 mars, mettant fin à une série de six séances consécutives de hausse, dans un contexte où les États-Unis envisagent d’intervenir pour freiner l’augmentation rapide des cours sur les marchés de l’énergie.

Vers 04h40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord cédait 95 cents, soit 1,1 %, à 84,46 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, reculait pour sa part de 1,08 dollar, soit 1,3 %, à 79,93 dollars le baril.

Malgré ce repli, les deux références pétrolières restent sur une trajectoire de forte hausse hebdomadaire. Depuis le début de la semaine, le Brent a bondi de 16,4 % et le WTI de 19,2 %, ce qui constituerait leur plus forte progression hebdomadaire depuis février 2022.

Cette flambée des prix est alimentée par l’escalade militaire déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Le conflit a entraîné l’arrêt du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite habituellement près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial quotidien en pétrole.

Les tensions se sont progressivement étendues à l’ensemble du Moyen-Orient, une région clé pour la production énergétique mondiale. Plusieurs installations pétrolières et gazières ont été perturbées, tandis que certaines raffineries et usines de gaz naturel liquéfié ont dû suspendre leurs activités.

« Avec chaque jour qui passe, l’arrêt des activités dans le détroit d’Ormuz aura deux conséquences majeures : l’impossibilité de stocker environ 20 millions de barils par jour et l’absence de flux vers les marchés mondiaux, ce qui pourrait faire grimper davantage les prix de l’énergie », a expliqué Priyanka Sachdeva, analyste senior des marchés chez Phillip Nova.

Une dérogation pour le pétrole russe

Face à cette flambée potentielle des cours, le département du Trésor américain devrait annoncer prochainement des mesures visant à limiter l’augmentation des prix de l’énergie liée au conflit avec l’Iran. Selon un responsable de la Maison Blanche, ces mesures pourraient inclure une intervention sur le marché des contrats à terme sur le pétrole, sans que davantage de détails n’aient été fournis.

Une telle initiative constituerait une démarche inhabituelle de la part de Washington, qui chercherait ainsi à influencer les prix de l’énergie via les marchés financiers plutôt que par une action directe sur l’offre physique de pétrole.

Par ailleurs, le Trésor américain a accordé le 5 mars des dérogations permettant à certaines entreprises d’acheter du pétrole russe sous sanctions actuellement stocké sur des pétroliers. Cette décision vise à atténuer les tensions sur l’approvisionnement qui ont déjà conduit plusieurs raffineries asiatiques à réduire leurs volumes de raffinage.

Les premières dérogations ont été accordées à des raffineurs indiens, qui ont commencé à acquérir plusieurs millions de barils de brut russe, marquant un retournement après des mois de pression internationale visant à freiner ces achats.

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