Vers une alliance sécuritaire régionale : Ankara tente de fédérer les puissances musulmanes
© Getty ImagesQuatre puissances régionales (Turquie, Arabie saoudite, Égypte et Pakistan) discutent d’une coopération sécuritaire inédite à Riyad. La Turquie pousse à une alliance souple pour réduire la dépendance aux puissances extérieures. Les divergences politiques restent un obstacle majeur à une véritable intégration régionale.
En marge d’un sommet islamique à Riyad, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Pakistan ont engagé des discussions inédites sur une possible coordination sécuritaire régionale. Pour la première fois, ces puissances ont exploré les moyens de conjuguer leurs capacités face aux crises qui secouent le Moyen-Orient, dans un contexte marqué par la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran.
Depuis plusieurs mois, Ankara pousse à la création d’un pacte de sécurité incluant Islamabad et Riyad, avec l’ambition d’y associer Le Caire. L’objectif n’est pas de reproduire un modèle comme celui de l’OTAN, mais plutôt de bâtir une plateforme souple de coopération militaire et stratégique. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a insisté sur la nécessité pour les États de la région de s’unir afin de résoudre eux-mêmes leurs crises, sans dépendre de puissances extérieures.
Une alliance réunissant la Turquie, l'Égypte, le Pakistan et l'Arabie saoudite
Cette initiative intervient alors que les tensions régionales atteignent un niveau inédit. Si Ankara continue de pointer Israël comme moteur du conflit, la déclaration conjointe publiée à Riyad critique clairement Téhéran pour ses frappes dans le Golfe. Cette position illustre les équilibres délicats entre rivalités et intérêts communs.
Chacun des pays impliqués apporte des atouts spécifiques : la Turquie dispose d’une industrie de défense en plein essor, notamment dans les drones et missiles ; le Pakistan possède l’arme nucléaire ; l’Arabie saoudite investit massivement dans les technologies de pointe ; l’Égypte demeure une force militaire majeure du monde arabe. Cette complémentarité alimente l’idée d’un axe régional capable de peser davantage sur les équilibres internationaux.
Les rapprochements récents, notamment entre Ankara et Le Caire avec la signature d’accords militaires et industriels, confirment cette dynamique. Toutefois, la concrétisation d’une telle alliance dépendra de la capacité de ces États à dépasser leurs divergences historiques et à définir une vision commune face aux crises.