Dans une lettre, le président iranien interpelle le peuple américain sur le bien-fondé de la guerre en cours
© Getty ImagesMassoud Pezechkian conteste l’image d’un Iran menaçant et appelle les Américains à questionner le conflit. Il défend une posture de légitime défense face à la présence militaire américaine. L’opinion publique américaine reste majoritairement opposée à la guerre.
Dans une lettre ouverte publiée sur la plateforme X dans la soirée du 1er avril, le président iranien Massoud Pezechkian a multiplié les interpellations à l’adresse du peuple américain, l’appelant à dépasser « un déluge de distorsions et de récits fabriqués » autour de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
To the people of the United States of America pic.twitter.com/3uAL4FZgY7
— Masoud Pezeshkian (@drpezeshkian) April 1, 2026
« À quel intérêt précis du peuple américain cette guerre sert-elle réellement ? », questionne-t-il, mettant en doute la cohérence de la politique de Donald Trump et son slogan « America First ».
Le dirigeant iranien va plus loin en dénonçant les conséquences des frappes : « Le massacre d’enfants innocents, la destruction d’installations pharmaceutiques […] servent-ils un autre but que de nuire davantage à la réputation internationale des États-Unis ? ». Il qualifie également les attaques contre les infrastructures iraniennes de « crime de guerre », estimant qu’elles « engendrent de l’instabilité » et « sèment les graines d’un ressentiment durable ».
Tel Aviv dicte la politique à suivre
Massoud Pezechkian rejette fermement l’image d’un Iran agressif, affirmant que son pays agit en légitime défense. « S’attaquer aux infrastructures vitales […] vise directement le peuple iranien », insiste-t-il, tout en rappelant que Téhéran n’éprouve « aucune hostilité » envers les peuples étrangers, y compris les Américains.
Dans un passage particulièrement critique, il suggère que Washington pourrait être influencé par Israël : « N’est-il pas également vrai que l’Amérique s’est engagée dans cette agression en tant qu’instrument d’Israël ? ». Il ajoute que Tel Aviv chercherait à « fabriquer de toutes pièces une menace iranienne » pour détourner l’attention de la question palestinienne.
Enfin, il alerte sur le coût de cette guerre pour les États-Unis : « Israël vise désormais à combattre l’Iran jusqu’au dernier soldat américain et au dernier dollar du contribuable américain ». Le président iranien appuie sur les critiques et l'impopularité de cette guerre en cours. Depuis le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire contre la République islamique iranienne, ciblant des zones militaires, civiles, mais également des sites pétroliers, nucléaires et autres infrastructures vitales pour l'économie du pays.
En représailles, l'Iran a lancé des frappes ciblant les bases américaines aux quatre coins du Moyen-Orient.