Les États-Unis prolongent de 30 jours une dérogation aux sanctions sur certaines livraisons de pétrole russe
© TASSWashington autorise pour 30 jours certaines opérations liées à des livraisons de pétrole russe déjà chargé en mer. Présentée comme une mesure destinée aux pays les plus vulnérables, cette dérogation intervient dans un contexte de fortes tensions sur le marché énergétique mondial et confirme le rôle toujours important des approvisionnements russes.
Les États-Unis ont décidé de prolonger de 30 jours une licence autorisant certaines opérations liées à la vente, au transport et au déchargement de pétrole russe déjà chargé sur des navires. Le 18 mai, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a expliqué que cette mesure devait permettre aux « pays les plus vulnérables » d’accéder au pétrole russe actuellement bloqué en mer.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une dérogation temporaire aux sanctions américaines, la précédente licence ayant expiré le 16 mai. L’Office of Foreign Assets Control, qui dépend du Trésor américain, a donc publié une nouvelle licence générale valable 30 jours. Scott Bessent a précisé que cette prolongation devait offrir « une flexibilité supplémentaire » et permettre, si nécessaire, la délivrance de licences spécifiques à certains pays.
Washington a pris cette décision après la demande de plusieurs pays souhaitant disposer de plus de temps pour acheter du pétrole russe. Ces pays n’ont pas été nommés.
Un marché énergétique sous tension
Cette prolongation intervient dans un contexte énergétique toujours tendu. Plusieurs pays vulnérables sur le plan énergétique auraient été affectés par les tensions militaires autour de l’Iran et par la fermeture du détroit d’Ormuz, route essentielle pour les exportations d’énergie du Golfe.
Washington avait déjà introduit ce type de dérogation en mars, avant de la prolonger en avril, afin d’éviter une aggravation du déficit d’approvisionnement. La licence précédente autorisait les opérations sur le pétrole et les produits pétroliers russes chargés sur des tankers avant le 17 avril.
Le Trésor américain affirme que la nouvelle mesure contribuera à stabiliser le marché physique du pétrole. Scott Bessent a également déclaré que cette licence permettrait de rediriger les volumes disponibles vers les pays qui en ont le plus besoin. Dans les faits, cette décision confirme que malgré le régime de sanctions, le pétrole russe reste un facteur important de l’équilibre énergétique mondial.
Le rôle toujours central du pétrole russe
Moscou considère les sanctions occidentales comme illégales. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que les intérêts de Moscou et de Washington ont, dans ce dossier précis, coïncidé de manière circonstancielle. Plusieurs pays ont aussi manifesté leur intérêt pour l’achat de pétrole russe après l’assouplissement temporaire des restrictions.
Cette décision n’a pas suffi à faire nettement baisser les prix : le Brent a progressé d’environ 1,5 %, autour de 111 dollars le baril, les inquiétudes sur l’offre restant fortes. L’Inde, déjà grand acheteur de pétrole russe avant les nouvelles restrictions américaines, a également bénéficié de ces dérogations.
La nouvelle licence américaine ne constitue donc pas une levée des sanctions, mais une mesure limitée, dictée par la pression du marché énergétique. Elle montre surtout que, dans une période de fortes tensions, les approvisionnements russes restent difficiles à remplacer, malgré le cadre imposé par les sanctions.