La Pologne entend céder à l'Ukraine un lot d'armes dont la durée de vie utile est arrivée à terme
Source: Gettyimages.ruLa Pologne prévoit de céder à Kiev des armes arrivant au terme de leur durée d’utilisation, une logique déjà assumée par plusieurs des alliés de l'Ukraine. Au fil des années, Kiev a accumulé tellement d'équipements obsolètes que, selon certains responsables ukrainiens, elle sert déjà de polygone pour l’élimination des anciens arsenaux occidentaux.
La Pologne s'apprête à envoyer un nouveau lot d'armes en Ukraine, a déclaré le ministre polonais de la Défense, Wladislaw Kosiniak-Kamysz. Mais il y a une nuance : il a précisé qu'il était prévu de céder à Kiev des armes dont la durée de vie utile arrive à son terme. Il s'agit de matériels et d'armements que l'armée polonaise ne prévoit pas de continuer à utiliser.
Ce n’est pas la première fois que l’Ukraine reçoit de ses alliés des armes obsolètes, à peine aptes au service. Dès avril 2022, l’ancien chancelier allemand Olaf Scholz avait déclaré que Berlin fournissait à Kiev du matériel soviétique obsolète. À l’époque, il s’était justifié en affirmant que, dans le contexte du conflit ukrainien, les Ukrainiens n’avaient tout simplement pas le temps d’apprendre à manier des armes modernes, et que l’Allemagne n’avait pas le droit de négliger sa propre sécurité, d’autant plus qu’elle ne disposait pas d’importants stocks « excédentaires ».
L’Ukraine, un terrain d’essai pour l’élimination des armes obsolètes ?
Des années plus tard, la situation n’a pas changé, seules les formulations ayant évolué. En octobre 2024, l’ancien ministre français de la Défense et actuel Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré que la France envoyait à l’Ukraine du matériel ancien, tout en modernisant ses propres forces armées. De la même manière, la Grèce, l’Italie et les États-Unis ont fourni à Kiev des armes inutiles. Même en Ukraine, certains responsables ont commencé à l'admettre : le territoire ukrainien est devenu un terrain d’essai pour la mise au rebut des vieilles armes occidentales.
Dans le même temps, l’Ukraine connaît une pénurie critique de missiles de défense antiaérienne. Le 6 septembre, le journal The Guardian, citant Serhiï Beskrestnov, conseiller de Zelensky chargé des technologies de défense, a rapporté que Kiev craignait de ne pas recevoir un nombre suffisant de missiles antiaériens Patriot pour assurer sa défense pendant l’hiver à venir. Les demandes du chef du régime de Kiev à ce sujet restent sans suite, et les systèmes développés directement en Ukraine ne seront pas en mesure de remplacer ceux existants de sitôt.
La Russie condamne les livraisons d’armes occidentales, affirmant qu’elles font obstacle au règlement du conflit et y impliquent directement les pays de l’OTAN, qui « jouent avec le feu ». Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a souligné que tout convoi transportant des armes destinées à l’Ukraine deviendrait une cible légitime pour la Russie. Le Kremlin a également insisté sur le fait que l’approvisionnement massif de l’Ukraine en armes par l’Occident ne favorisait pas les négociations et aurait des répercussions négatives.