Fonction publique : David Amiel promet une relance salariale sous haute contrainte
© Getty ImagesDavid Amiel promet de relancer le chantier des rémunérations dans la fonction publique en 2026. Le tassement des grilles salariales et l’effet du SMIC fragilisent l’attractivité des carrières publiques. Faute de marges budgétaires immédiates, le gouvernement français privilégie une réflexion de long terme.
Le 7 janvier, lors des vœux du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État a appelé de ses vœux une « année 2026 utile » pour les agents publics.
Au cœur des priorités de David Amiel : relancer le chantier sensible des carrières et des rémunérations, un dossier régulièrement annoncé mais jamais réellement abouti. « On a un défi majeur sur les carrières et les rémunérations […] il faut que l’on puisse avoir cette année un travail sur ces questions-là », a-t-il affirmé.
Le ministre répondait notamment à Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et président du CSFPT, fervent défenseur d’une refonte des grilles indiciaires qui structurent les salaires dans la fonction publique.
La revalorisation du SMIC comme objectif central
Selon lui, il est urgent de « redonner du sens à ces grilles » et de limiter le recours aux revalorisations ponctuelles, jugées insuffisantes pour bâtir une politique salariale « juste, pérenne et attractive ». En ligne de mire : le « tassement » des grilles, qui réduit les écarts de rémunération liés à l’ancienneté et à l’expertise, décourageant de nombreux agents.
Cette problématique s’est accentuée avec la revalorisation automatique du smic de 1,18 % au 1er janvier. Pour éviter que des agents publics ne soient payés en dessous du salaire minimum, le gouvernement a instauré une indemnité dite « différentielle » de 21,23 euros pour environ 356 000 agents de catégorie C.
Le phénomène touche désormais toutes les catégories : un agent de catégorie B débutant gagne à peine 13 euros de plus que le smic, contre 121 euros pour un agent de catégorie A. Si la relance du chantier salarial est jugée « nécessaire », elle suscite scepticisme et prudence chez les syndicats. Beaucoup dénoncent des annonces sans suite et réclament une revalorisation immédiate du point d’indice.
Conscient des contraintes budgétaires, David Amiel assume une approche prospective : poser les bases d’une réflexion de long terme, à travers une « revue de la fonction publique à horizon 2035 », attendue pour octobre 2026. Un débat qui pourrait peser lourd dans la prochaine présidentielle.