Passage en force sur le budget : «Nous ne censurerons pas le gouvernement», confirme Olivier Faure

Passage en force sur le budget : «Nous ne censurerons pas le gouvernement», confirme Olivier Faure© Antoine Gyori - Corbis/Corbis Source: Gettyimages.ru
Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, le 10 octobre 2025 au palais de l’Élysée. [Photo d’illustration]
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Sans grande surprise, le Premier secrétaire du Parti socialiste a annoncé ce 20 janvier qu’il demanderait à son groupe parlementaire de ne pas voter la censure contre le gouvernement. La veille, Sébastien Lecornu avait annoncé le recours à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution afin de faire adopter le budget sans vote au Parlement.

« On n’a pas encore vu la copie finale, mais de ce que je comprends, de ce que nous dit le Premier ministre, effectivement ces conditions seront remplies, donc nous ne censurerons pas le gouvernement », a déclaré ce 20 janvier au micro de France inter le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, interrogé sur une éventuelle non-censure de son groupe à l’égard du gouvernement Lecornu.

« Moi, je ne suis pas devenu macroniste, le Premier ministre n’est pas devenu socialiste, mais il y avait la nécessité, pour les uns et pour les autres, de composer » au sein d’une Assemblée sans majorité claire, s’est défendu Olivier Faure, relancé sur le fait qu’il puisse être, de facto, « le nouveau Premier ministre ».

Obtenir « la copie complète » du PLF et la garantie que les dernières annonces budgétaires de Sébastien Lecornu ne soient pas financées « sur le dos des Français », étaient les deux conditions posées par Olivier Faure lors d’une intervention sur une chaîne privée le 17 janvier. Une ligne confirmée le lendemain, sur RTL, par le chef de file des députés socialistes, Boris Vallaud, évoquant « la possibilité d’une non-censure ».

Le 19 janvier, lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres, Sébastien Lecornu avait annoncé recourir dès ce 20 janvier à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, sur le volet recettes du projet de loi de finances (PLF), afin de le faire adopter sans vote au Parlement. Un passage en force qui était sur la table depuis plusieurs semaines et qui avait même fuité dans les médias deux heures avant son annonce officielle. Une officialisation à laquelle les présidentes des groupes La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) ont annoncé le dépôt de motions de censure.

« Le budget proposé par Lecornu contient zéro des mesures demandées par le Parti socialiste »

Déjà à l’origine du maintien de Lecornu à Matignon en octobre, puis à la mi-janvier lors de la soumission au vote de motions de censure centrées sur l’accord UE-Mercosur, les députés socialistes — pourtant élus grâce aux voix du Nouveau Front populaire sur un programme prônant la « rupture » avec la politique des « années Macron » — essuient de vives critiques d’une partie de la classe politique française, dans la mesure où le même scénario devrait vraisemblablement se répéter : la mise en échec des motions de censure.

« Les socialistes ont vendu leur âme au diable et ont décidé, une nouvelle fois, de sauver Emmanuel Macron, son Premier ministre, mais aussi sa politique de violence sociale inouïe », fulminait depuis la salle des Quatre colonnes le député LFI du Nord Aurélien Le Coq.

« Sur les 20 propositions qui ne concernent pas les “économies de l’État”, le budget proposé par Lecornu contient zéro des mesures demandées par le Parti socialiste », a taclé ce 20 janvier le député des Bouches-du-Rhône et coordinateur de LFI, Manuel Bompard, dans un « bilan » du contre-budget présenté par le PS début septembre.

Du côté du RN, on aime notamment rappeler que le PS — dont le groupe au Palais-Bourbon compte 69 députés — « a fait 1,7 % à la dernière présidentielle ». En octobre, la cheffe de file des députés RN fustigeait déjà une « opposition en carton-pâte » après que le PS eut menacé de censurer le gouvernement. « Tous ces gens-là ont un point commun », poursuivait la députée du Pas-de-Calais, estimant que « la messe est dite » : « ils sont prêts à tout pour ne pas aller à la dissolution et donc à de nouvelles élections », ajoutant que « le PS soutiendra le gouvernement jusqu’au bout ».

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