Le Haut conseil à l’égalité évoque une «menace masculiniste» en France
© Wiki commonsLe Haut conseil à l’égalité (HCE) a publié le 21 janvier son rapport annuel 2026 sur l’état du sexisme, consacré à une «menace masculiniste» présentée comme idéologie structurée et amplifiée en ligne. Sur la base d’une enquête auprès de 3 061 personnes, l’institution alerte sur 17% d’adhésion au «sexisme hostile».
Ce constat du HCE illustrerait une « polarisation croissante des perceptions genrées », où le sexisme hostile sortirait des actes isolés pour s’inscrire dans des mobilisations collectives, particulièrement chez les jeunes via les réseaux sociaux.
Le sexisme est un fléau, le masculinisme sa forme la plus dangereuse.
— Haut Conseil à l'Egalité (@HCEfh) January 21, 2026
Nous présentons ce matin notre rapport 2026 sur l’état du sexisme en France & les chiffres de notre baromètre annuel qui démontrent l’émergence d’une vraie menace masculiniste. https://t.co/DEZkp2OBXl
Alors qu’une étude révélait quelques heures plus tôt que près d’une infirmière sur deux était confrontée aux violences sexistes et sexuelles, l’instance consultative formule par ailleurs 25 recommandations de surveillance accrue.
Une radicalisation numérique aux contours flous
Le rapport distingue sexisme paternaliste (faussement bienveillant, légitimant des rôles hiérarchisés : 7,5 millions d’hommes et 5 millions de femmes concernés) et sexisme hostile (ouvertement agressif, dévalorisant les femmes). Le cybersexisme y apparaît comme la première forme de haine en ligne, touchant 84 % de femmes parmi les victimes.
Le HCE, première institution publique à dédier un chapitre entier aux « masculinismes », les décrit comme un système idéologique de victimisation masculine diffusé massivement en ligne, une sorte de féminisme pour les hommes.
Plus l’âge augmente, moins le sexisme est perçu comme problème, accentuant la fracture générationnelle. Face à cela, le HCE propose d’intégrer le « terrorisme misogyne » aux doctrines de sécurité, de créer une catégorie « masculinisme » chez Pharos et l’Arcom, de rendre obligatoires les EVARS (éducation à la vie affective et sexuelle), de rendre transparents les algorithmes et de confier au HCE lui-même un observatoire dédié avec moyens supplémentaires.
Des mesures moquées par le journaliste Clément Weill-Raynal sur le réseaux social X qui ironise sur le nom de la présidente du Haut conseil à l'égalité : Bérangère Couillard.
Dépêche délirante de l'AFP (diffusée ici sur le Huffington) : Il paraitrait que le "masculinisme" (?) menace nos sociétés et institutions.
— Clément Weill-Raynal (@CWeillRaynal) January 21, 2026
Le Haut Conseil à l'Egalité (rattaché à Matignon) recommande d'intégrer le "terrorisme misogyne" (sic) dans les "doctrines de sécurité".
Le… https://t.co/tsr1hFTzoFpic.twitter.com/2PiXAZpt9R
Il imprégnerait les jeunes générations et, dans ses formes extrêmes, banaliserait violences, apologie du viol ou meurtre, constituant selon lui « une menace d’ordre public » et « un enjeu de sécurité nationale ». Des exemples récents, comme l’affaire d’un lycéen stéphanois « incel » (célibataire involontaire) interpellé l’été dernier avec des couteaux, illustrent ce risque.
L’enquête Toluna-Harris Interactive révèle par ailleurs le rejet d’une importante partie des personnes interrogé à l’endroit du féminisme avec 39 % des hommes (25 % des femmes) qui estiment que « le féminisme menace la place des hommes ».