«Nous avons un ennemi commun» : Jean-Noël Barrot demande la tête de Francesca Albanese
© Simona Granati Source: Gettyimages.ruDevant l’Assemblée nationale, le 11 février, le ministre français des Affaires étrangères a appelé à la démission le rapporteur pour les territoires palestinien aux Nations unies, Francesca Albanese, fustigeant des «propos outranciers et coupables»… qu’elle n’a jamais tenus.
« La France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese qui visent non pas le gouvernement israélien, dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable », a déclaré devant l’Assemblée nationale Jean-Noël Barrot.
« Des propos qui s’ajoutent à une longue liste de prises de position scandaleuses », a poursuivi le ministre français, « justifiant le 7 octobre, pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah, évoquant le lobby juif, ou encore comparant Israël au IIIe Reich » avant de fustiger « une militante politique qui agite des discours de haine » et desserviraient la cause palestinienne. « Ces provocations n’appellent qu’une seule réponse : sa démission ! », a-t-il fini par lancer.
"La France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Madame Albanese, qui visent non pas le gouvernement israélien [...] dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation", assure @jnbarrot. #QAG#DirectANpic.twitter.com/dvSWAMnLbJ
— LCP (@LCP) February 11, 2026
Jean-Noël Barrot répondait alors à une question qui lui était adressée par Caroline Yadan, élue macroniste de la 8e circonscription des Français établis hors de France. Une circonscription qui comprend, notamment, Israël et les « territoires palestiniens ». Dans le collimateur de Caroline Yadan, ces propos qu’aurait prononcés Francesca Albanese.
«Ils créent des accusations mensongères», fustige Albanese
« Cette accusation constitue l’un des ressorts les plus anciens et les plus meurtriers de l’antisémitisme, elle ne relève pas de la libre critique, mais s’inscrit dans une vision complotiste et déshumanisante qui érige Israël en incarnation du mal absolu, comme l’étaient jadis les juifs considérés comme des sous-hommes par les Nazis », a accusé cette ancienne responsable du pôle antisémitisme de la Licra en reprenant – avec quelques ajouts – une lettre qu’elle avait adressée la veille à ce même ministre des Affaires étrangères.
Bravo à @CarolineYADAN pour avoir interpellé le ministre sur les propos de Francesca Albanese. Et bravo au ministre @jnbarrot qui a confirmé que la France demandera sa démission lors du Conseil des droits de l’homme le 23 février. Enfin une position claire. pic.twitter.com/BGgLlI8wTF
— Simone Rodan-Benzaquen (@srodan) February 11, 2026
Une lettre co-signée par une cinquantaine de députés, quasi-exclusivement macronistes, parmi lesquels on retrouve notamment Élisabeth Borne, Agnès Pannier-Runacher, Franck Riester Prisca Thevenot ou encore Éric Woerth et qui enjoignent Jean-Noël Barrot à « œuvrer afin que des sanctions soient prises à l’encontre de Mme Francesca Albanese et qu’elle soit déchue de tout mandat onusien avec effet immédiat ».
Cette mobilisation d’une partie de la macronie fait suite à une intervention, en ligne, de Francesca Albanese le 7 février à l’occasion du forum d’Al-Jazeera organisé à Doha. Albanese avait alors évoqué un « ennemi commun » qui a, selon elle, permis un « génocide » dans la bande de Gaza.
My full AJ Forum speech last week: the common enemy of humanity is THE SYSTEM that has enabled the genocide in Palestine, including the financial capital that funds it, the algorithms that obscure it and the weapons that enable it. pic.twitter.com/PzTQFFybsG
— Francesca Albanese, UN Special Rapporteur oPt (@FranceskAlbs) February 9, 2026
« Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël la plupart des pays du monde l’aient armé, lui aient fourni des excuses politiques, un parapluie politique ainsi qu’un soutien économique et financier est un défi », avait-elle déclaré et ajouté : « nous qui ne contrôlons pas de vastes capitaux financiers, ni les algorithmes, ni les armes, constatons désormais qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun ».
« C’est hallucinant », a depuis réagi la principale intéressée auprès de France24, interrogée sur cette séquence et dénonçant « des accusations mensongères » ainsi que d’appeler le tout un chacun à aller voir la fameuse séquence. « Je n’ai jamais, jamais, jamais dit qu’Israël est l’ennemi commun de l’humanité […] j’ai condamné comme ennemi commun le système qui ne permet pas d’emmener en justice et à une cessation les crimes d’Israël », a insisté en français Francesca Albanese et pointé à nouveau les systèmes « financier » et « politique ».