«Deux traîneaux à chiens» : raillant la défense danoise, Trump assure que les États-Unis auront le Groenland «d’une manière ou d’une autre»
© Leon Neal Source: Gettyimages.ruLe président américain Donald Trump a réaffirmé le 11 janvier que les États-Unis entendaient s’emparer du Groenland «d’une manière ou d’une autre», en moquant l’absence de défense de l’île. Le Danemark prévient qu’en cas d’attaque américaine du Groenland, l’OTAN cesserait d’exister.
« Conclure un accord, c’est le plus facile, mais d’une manière ou d’une autre, nous allons avoir le Groenland », a déclaré Donald Trump le 11 janvier à bord d’Air Force One. Le président américain a précisé que Washington ne parle pas d’une « location » à court terme du Groenland, mais exclusivement de l’acquisition de ce territoire danois. « On a besoin d’un titre de propriété », a-t-il déclaré.
« Le Groenland devrait conclure l’accord, parce que le Groenland ne veut pas voir la Russie ou la Chine prendre le contrôle », a encore fait valoir le locataire de la Maison Blanche, raillant une nouvelle fois la défense du territoire autonome danois. « Vous savez quelle est leur défense ? Deux traîneaux à chiens », a-t-il lancé aux journalistes, tandis que la Russie et la Chine ont, selon lui, « des destroyers et des sous-marins partout ».
🚨 JUST IN: President Trump says the US WILL take Greenland, we are RE-CLAIMING the Western Hemisphere
— Eric Daugherty (@EricLDaugh) January 12, 2026
"If we don't take Greenland, Russia or China will. And I'm not letting that happen!"
"One way or the other, we're going to have Greenland!" 🇺🇸🇬🇱
🔥🔥 pic.twitter.com/9TH2Upnu17
Des affirmations de Donald Trump démenties par des « diplomates nordiques », rapportait plus tôt dans la journée le Financial Times (FT). « Il est tout simplement faux que les Chinois et les Russes soient là. J’ai vu les renseignements. Il n’y a ni navires ni sous-marins », a ainsi déclaré auprès du FT un haut diplomate. Le quotidien britannique a également renvoyé à des déclarations du chef de la diplomatie norvégienne, Espen Barth Eide, assurant sur la chaîne NRK que s’il y avait une activité russe et chinoise aux abords du Groenland, « elle est très faible ».
« Un moment décisif » pour le Groenland, avertit Frederiksen
« Il y a un conflit autour du Groenland […], c’est un moment décisif, ce qui est en jeu dépasse ce qui est visible à l’œil nu », a déclaré le même jour la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, lors d’un débat avec d’autres chefs de partis. Le 5 janvier, assurant qu’elle ferait « tout son possible pour que ce ne soit pas le cas », la cheffe du gouvernement danois avait mis en garde à la télévision que toute tentative des États-Unis de s’emparer du Groenland par la force signerait la fin de 80 ans de liens de sécurité transatlantiques.
« Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l'Otan, alors tout s'arrête. Y compris notre Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale », avait-elle affirmé sur TV2.
Le président américain ne cesse de multiplier les menaces à l’encontre du Groenland, territoire pour lequel il a fait part de son intérêt depuis plusieurs années. Une polémique qu’il avait relancée environ un an avant l’élection présidentielle de 2024 aux États-Unis. Tournant initialement autour d’un « achat », le ton du magnat de l’immobilier a depuis évolué, allant jusqu’à ne pas exclure un possible recours à « la force militaire ».
Les inquiétudes quant à l’éventualité d’une intervention américaine sont prégnantes sur le Vieux Continent depuis le tour de force de Donald Trump le 3 janvier, date à laquelle les forces américaines avaient enlevé le président vénézuélien et son épouse à Caracas.