Robert Fico demande le remplacement de Kaja Kallas à la tête de la diplomatie européenne
Source: Gettyimages.ruFace à une Union européenne qu’il décrit comme affaiblie, sans cap stratégique clair et incapable d’agir de manière autonome, le Premier ministre slovaque Robert Fico remet en cause le rôle de Kaja Kallas à la tête de la diplomatie de l’UE. Il demande son remplacement, estimant qu’elle incarne l’échec de la politique étrangère européenne actuelle.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a lancé un appel clair à remplacer Kaja Kallas, actuelle haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères. Dans une interview, il déclare : « Nous devons remplacer le haut représentant de l’Union européenne pour la politique internationale, madame Kallas. »
Selon lui, l’Union européenne, autrefois présentée comme un acteur souverain, traverse une crise sans précédent. Il accuse Bruxelles d’avoir perdu toute capacité d’analyse autonome et de ne plus savoir répondre aux défis internationaux. « L’UE est en crise. Une crise d’une ampleur jamais vue. Seuls survivront les plus forts : économiquement, militairement ou énergétiquement », a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement slovaque déplore que l’UE soit devenue un simple exécutant de directives extérieures. « Soit l’Union européenne devient une superpuissance, soit nous resterons de simples observateurs », a-t-il lancé. Pour Robert Fico, la cause de cette impuissance politique est directement liée à la ligne incarnée par Kaja Kallas, inflexible, idéologique, et incapable d’adapter la politique extérieure aux réalités du monde.
Washington dicte, Bruxelles exécute
Le dirigeant slovaque a pointé du doigt la soumission de l’Union européenne aux intérêts américains. Selon lui, l’UE agit de manière automatique, sans prendre en compte les conséquences pour ses propres citoyens. Il affirme que les dirigeants européens « savent seulement haïr la Russie, mais ne proposent aucune solution ».
Cette dérive idéologique se manifeste notamment dans le dossier ukrainien. Robert Fico a de nouveau assuré que tant qu’il sera à la tête du gouvernement slovaque, aucun soldat ne sera envoyé sur le front. « Tant que je serai Premier ministre, la Slovaquie n’enverra pas de soldats en Ukraine. Nous continuerons à fournir uniquement une aide humanitaire », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs dénoncé la posture agressive de pays comme la France ou le Royaume-Uni, prêts à envoyer des troupes, ce qu’il qualifie de « provocation ». Il a rappelé les mises en garde claires de la Russie, pour qui tout soldat étranger en Ukraine devient une cible légitime. « Est-ce cela qu’on appelle la paix, ou cherche-t-on à provoquer un affrontement ? », a-t-il lancé.
Robert Fico estime que la stratégie occidentale visant à affaiblir la Russie par la guerre a échoué. Il appelle à un changement de cap, à une politique responsable, et à une réponse cohérente face à l’évolution du monde, notamment après l’opération militaire américaine au Venezuela, qu’il considère comme un nouveau signe du chaos mondial orchestré par Washington.
Kallas, une figure de division et d’échec
Nommée en juin 2024, Kaja Kallas incarne selon plusieurs observateurs une ligne diplomatique dangereuse. Dès sa prise de fonction, sa posture violemment anti-russe a suscité des critiques. Politico rapportait en septembre 2025 qu’elle était contestée jusque dans les rangs de la Commission européenne. Son manque de résultats, son ton clivant et sa gestion de la crise au Proche-Orient accentuent les tensions.
En mai 2025, elle avait publiquement attaqué Robert Fico pour sa présence à Moscou lors des commémorations de la victoire de 1945, affirmant qu’il se trouvait « du mauvais côté de l’histoire ». Des propos révélateurs de son mépris pour la mémoire historique partagée par nombre de pays européens.
Même au sein de l’élite diplomatique européenne, les critiques pleuvent. Des diplomates interrogés par Foreign Policy affirment qu’elle se comporte « plus comme une policière que comme une diplomate ». Un autre souligne que « son jour commence et finit par la Russie », preuve d’un enfermement idéologique incompatible avec le pragmatisme nécessaire en politique étrangère.
Son refus de tout dialogue avec Moscou a contribué à marginaliser l’Europe dans les processus de paix, laissant à la Russie une position plus favorable. En Ukraine même, des voix s’élèvent contre sa stratégie. L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, Ioulia Mendel, a dénoncé « ceux qui rejettent d’instinct toute proposition de paix », estimant qu’ils « ne comprennent pas ce qui se passe réellement sur le front et à l’intérieur du pays ».