Rafah entrouvert, le Caire et Amman réaffirment leur refus du «déplacement des Palestiniens»
© Getty ImagesLa réouverture partielle du passage de Rafah ravive l’espoir à Gaza, sans lever les fortes restrictions imposées par Israël. L’Égypte et la Jordanie réaffirment leur opposition à tout déplacement des Palestiniens et appellent à la reconstruction du territoire. Sur le terrain, civils et blessés attendent une aide encore largement insuffisante.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie ont réaffirmé au Caire leur rejet catégorique de toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens, au moment où le passage de Rafah a rouvert de manière très limitée.
Les deux dirigeants ont appelé à lancer sans délai la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par deux années de guerre, soulignant que toute solution durable devait garantir le maintien des Palestiniens sur leur terre.
Une paix plus qu'incertaine
Israël a autorisé une réouverture partielle du poste-frontière de Rafah, seul lien de Gaza avec l’extérieur hors contrôle israélien, fermé depuis mai 2024. Pour l’heure, seuls des habitants de Gaza peuvent franchir la frontière, sous des conditions strictes et après autorisation sécuritaire préalable. Si des camions-citernes et des ambulances ont été observés côté égyptien, l’entrée massive de l’aide humanitaire reste incertaine, suscitant frustration et inquiétude parmi les ONG.
Dans l’enclave dévastée, l’annonce a provoqué un mélange d’espoir et d’amertume. « Cette ouverture entrouvre une petite porte pour les malades et les étudiants », a confié à la presse locale Amine Al-Hilou, déplacé dans le camp d’Al-Chati. Adam Awad, 19 ans, rêve de poursuivre ses études à l’étranger mais déplore l’absence de procédures administratives fonctionnelles. De nombreux blessés, comme Zakaria, 39 ans, attendent désespérément une évacuation médicale vers l’Égypte, redoutant l’aggravation de leur état.
La réouverture de Rafah s’inscrit dans le cadre du plan américain visant à consolider le cessez-le-feu, mais elle demeure fragile. Le Hamas a averti que toute entrave israélienne constituerait une violation de l’accord, tandis que la mission européenne et le Conseil de paix supervisent le dispositif. L’Égypte et la Jordanie, eux, rappellent leur ligne rouge : aucune normalisation de la crise ne doit se faire au prix d’un déplacement du peuple palestinien.