États-Unis : après l’exécution ratée de Christa Pike, le chef de l’administration pénitentiaire du Tennessee démissionne
© Per-Anders Pettersson/Liaison Source: Gettyimages.ruQuelques jours après l’échec de l’exécution de Christa Pike, désormais sous respirateur artificiel, la démission du chef de l'administration pénitentiaire du Tennessee a été annoncée. De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a appelé les autorités du Tennessee à renoncer à toute nouvelle tentative.
Le commissaire du Département correctionnel du Tennessee (TDOC), Frank Strada, « a présenté sa démission et quittera ses fonctions ce mois-ci », a annoncé ce 3 octobre le gouverneur de cet État du Sud des États-Unis, Bill Lee, sans directement évoquer l'exécution ratée de Christa Pike.
« Je suis reconnaissant à M. Strada de faire passer en premier les intérêts des habitants du Tennessee dans ce moment difficile », a indiqué Bill Lee, qui avait annoncé le 1er octobre la suspension des exécutions au Tennessee ainsi qu'une enquête indépendante sur cet échec.
« Je continue à penser que l’administration pénitentiaire a rempli ses obligations en vertu du protocole établi », a pour sa part précisé Frank Strada, cité dans le communiqué. « Démissionner est toutefois dans le meilleur intérêt des habitants du Tennessee pendant que l’enquête indépendante se déroule », a ajouté le chef démissionnaire, estimant cette enquête « nécessaire ».
Condamnée à mort en 1996, à l’âge de 20 ans, pour le meurtre l’année précédente - en compagnie de son petit ami et d’un troisième complice – de Colleen Slemmer, Christa Pike devait être exécutée le 30 septembre, faisant d’elle la première femme à subir ce sort au Tennessee en plus de deux siècles.
«Le plus grand châtiment de toute l’histoire de la peine de mort aux États-Unis»
Mais Christa Pike a terminé à l’hôpital après avoir survécu à deux injections de pentobarbital, un puissant anesthésiant principalement utilisé - ailleurs dans le monde - pour euthanasier les animaux. « Elle est intubée, sous respirateur, et reste inconsciente», a précisé son avocat, Luke Ihnen, dans une plainte déposée le 2 octobre.
« Le protocole ne prévoit pas de procédures supplémentaires au-delà de celles qui ont été effectuées ce soir », avait de son côté fait le TDOC, qui a défendu la méthode employée.
« Après avoir subi plus de 20 ans de détention à l’isolement et une tentative complète de la tuer par injection létale, Christa est la personne qui a subi le plus grand châtiment de toute l’histoire de la peine de mort aux États-Unis », a fait valoir, le 1er octobre, Randy Spivey, un autre avocat de Christa Pike.
« Le cas de Christa Pike met en lumière plusieurs raisons pour lesquelles la peine de mort devrait être abolie », a affirmé le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk, dans un communiqué publié sur X le 1er octobre.
« Les souffrances prolongées — tant physiques que psychologiques — causées par plusieurs tentatives d’exécution infructueuses sont abjectes et cruelles. De plus, d’importantes questions concernant le respect du droit à un procès équitable restent sans réponse », a-t-il souligné.