Dossier Epstein, mode d’emploi 

Dossier Epstein, mode d’emploi 
Dossier Epstein, mode d’emploi  [image d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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La publication des «dossiers Epstein», soigneusement ignorée par les médias subventionnés, agite les réseaux sociaux. Au point qu’on y lit tout, et surtout n’importe quoi. Alexandre Regnaud revient ici sur cet événement, sur ce que l’on y trouve, et surtout ce que l’on n’y trouve pas. 

3 millions de pages des fameux « dossiers Epstein » enfin rendues publiques. Caviardées bien sûr, mais tout de même instructives. 

Pour l’instant, cela agite surtout les réseaux sociaux, les médias dit « mainstream » étant le plus silencieux possible. Il faut dire que l’existence même de ces documents a longtemps été présentée comme complotiste, et que certains politiques français de premier plan y sont cités, comme Emmanuel Macron, Pierre Moscovici (cité par Bill Gates 04/04/2014), Jack Lang (cité 680 fois) ou Bruno Lemaire (cité par Epstein 17/07/2017), etc., Paris et l’appartement de l’avenue Foch apparaissant comme une des plaques tournantes des activités d’Epstein. 

Et pourtant, il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives. C’est précisément ce dont il va être question ici. 

Tout d’abord parce que, même avec des outils numériques et l’intelligence artificielle, un tel volume de documents ne s’analyse pas en 24 heures, ni en 48 ou même 72. D’autant plus que certains échanges sont remplis de sous-entendus, de références codées, de second degré, qui nécessitent une réelle expertise (humaine de surcroît) et du temps. 

Ce qui est sûr en revanche, c’est que devant certaines preuves, quelques personnes ont déjà réagi. Au moment d’écrire ces lignes, Miroslav Lajčák, ex-ministre des Affaires étrangères slovaque, ancien président de l’Assemblée générale de l’ONU en 2017-2018, et conseiller spécial de Robert Fico pour la sécurité nationale depuis 2025, a remis sa démission. Tout comme Lord Peter Mandelson, ex-ambassadeur britannique aux États-Unis et figure historique du Parti travailliste de Tony Blair (et Keir Starmer). La princesse héritière de Norvège, Mette-Marit, a présenté ses excuses publiquement, elle est en effet mentionnée plus de 1000 fois. La fille de Jack Lang, clairement impliquée financièrement, a également démissionné. Cela donne une idée des cercles concernés.

Pour autant, il est essentiel de comprendre que le fait d’être simplement mentionné dans ces dossiers, surtout si cela n’est qu’occasionnel, n’indique absolument pas que la personne citée est complice des agissements les plus sordides d’Epstein, cela ne dit même rien des mœurs de l’individu. 

Il faut en effet rappeler qu’une des principales activités d’Epstein était de faire des affaires, particulièrement en servant d’intermédiaire et en mettant les gens en relation. Une immense masse des documents et de noms cités se limite à ce simple contexte. 

Et parfois, mais seulement parfois, il les faisait chanter ou en les corrompait avec ses activités ignobles, occasionnellement aussi sans doute pour le compte de certains États et services de renseignements. 

Pour l’instant, il est notable qu’aucun « smoking gun » n’a été découvert dans la dernière publication, c’est-à-dire aucun renseignement direct permettant de mettre en cause ouvertement une personne dans des activités dégoutantes et répréhensibles. Mais il est absolument possible que certaines pièces n’aient volontairement pas été publiées. 

Ainsi, si Emmanuel Macron est mentionné, c’est surtout par des courriels datant de 2018, échange entre Epstein et un intermédiaire (Berge Brende 17/09/2018), décrivant comment une fois élu président, il aurait sollicité son aide en matière de gouvernance et de relations publiques. Rien d’ouvertement répréhensible, si ce n’est qu’il est troublant de constater qu’alors que la réputation du milliardaire était largement connue, cela n’aurait visiblement pas empêché notre « Jupiter » de trouver opportun de s’en inspirer… 

Idem pour Marine Le Pen et Louis Aliot (mentionné comme son mari par Epstein 12/07/2018). Il est dit qu’ils cherchaient de l’argent, rien ne prouvant qu’ils l’aient obtenu (cela relèvera d’un véritable travail d’enquête et de la Justice), mais surtout qu’ils avaient donné l’impression d’être particulièrement « idiots » et « non professionnels ». Dont acte. 

Il ne faut pas oublier également, et certains acteurs de la publication des dossiers Snowden (notamment l’ancien journaliste du Guardian, Glenn Greenwald) le rappellent eux aussi, que dans ce genre de documents bruts, beaucoup de choses sont absolument inexploitables : rumeurs, opinions personnelles, diffamation, accusations fantaisistes, etc. 

Une partie des dossiers Snowden n’avait pas été publiés pour cette raison. Dans les dossiers Epstein, ils sont disponibles parce que c’était précisément la mission du FBI de tout étudier et de faire la part des choses. Cela ne veut pas dire qu’il s’agisse strictement de la vérité. Il faut pour cela des enquêtes longues et précises, et surtout indépendantes. 

Certains faits sont bien sûr prouvés, certains soupçons récurrents, et des noms reviennent avec insistance. Mais au-delà, ce que ces mails et SMS révèlent surtout et avant tout, c’est tout simplement que les gens qui les écrivent ont bien dit et pensé ce qu’ils y écrivent. Et c’est déjà quelque chose d’essentiel en soit ! 

Car que voit-on se dessiner en toile de fond des dossiers Epstein ? 

Bien sûr, la réalité indiscutable de pratiques satanistes et sexuelles abjectes par certains milieux dirigeants, souvent au vu et au su, dans un silence complice, du reste de ce petit monde. 

Car apparait surtout quelque chose de beaucoup plus politique : la réalité d’un vaste réseau de soi-disant élites mondiales, hyper connectées entre elles, où tout le monde interagit, loin des oppositions et des déclarations de façade. Un petit village global de gens choisis et cooptés, qui magouillent entre eux et gèrent le monde en sous-main et en toute opacité. 

Parfait exemple, cette lettre d’Epstein à Ariane de Rothschild, issue de la branche française de la famille, où, le 18 mars 2014, il se réjouit du coup d’État de Maïdan qui « ouvre beaucoup d’opportunités ». Pour ceux qui douteraient encore de la nature réelle de la guerre en Ukraine. 

Ce qui permet également de mentionner qu’à l’inverse, il y a aussi des dirigeants qui n’apparaissent pas du tout dans les dossiers en question, où alors qui y sont mentionnés explicitement comme une menace. C’est le cas de l’Iranien Khamenei, de Xi Jinping et bien sûr de Vladimir Poutine… 

Chacun en tirera ses conclusions… 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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