La Russie veut aider le Niger à développer l’exploration de ses ressources naturelles et leur transformation locale
© Ministère russe de l'énergieMoscou et les autorités nigériennes ont posé les bases d’un partenariat économique élargi autour des ressources naturelles, de l’agriculture, de l’énergie et de la formation. La Russie met en avant une coopération centrée sur la valorisation locale des richesses du Niger et le développement de projets à plus forte valeur ajoutée pour le pays.
La Russie s’est dite prête à accompagner le Niger dans l’exploration géologique et la mise en valeur de ses ressources minières, tout en contribuant au développement de capacités de transformation directement sur le territoire nigérien. Moscou souhaite ainsi aller au-delà de la seule extraction des matières premières et favoriser la production locale de biens à plus forte valeur ajoutée.
Cette orientation a été présentée le 2 octobre à Niamey, lors de la première réunion de la Commission intergouvernementale russo-nigérienne de coopération commerciale, économique, scientifique et technique. Les travaux étaient coprésidés par le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, et son homologue nigérien, le lieutenant-colonel Seyni Alzouma.
Le volet minier a occupé une place centrale dans les échanges. Sergueï Tsivilev a insisté sur la nécessité de mener un travail systématique d’exploration géologique, de cartographier les ressources disponibles et d’élaborer ensuite des plans d’exploitation des gisements.
La Russie entend parallèlement participer au développement d’unités de production au Niger afin qu’une partie plus importante des ressources puisse être transformée directement dans le pays avant leur exportation. Les discussions sur ce volet se sont poursuivies dans un format restreint avec la participation du ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi.
Agriculture et formation : des axes déjà concrets
La coopération russo-nigérienne ne se limite pas au secteur minier. Les deux pays ont également abordé le commerce, l’énergie, l’agriculture, les transports, la sécurité de l’information, la culture, le sport et l’éducation.
Dans l’agriculture, Moscou et Niamey souhaitent accroître leurs échanges, notamment grâce à une hausse des livraisons russes de céréales et de produits oléagineux. Plusieurs éléments concrets existent déjà : plus de 20 000 tonnes d’engrais minéraux russes ont été livrées au Niger dans le cadre de l’aide humanitaire.
La Russie contribue également à la formation de spécialistes nigériens. Douze étudiants du pays étudient en 2026 dans des établissements agricoles russes, dont sept dans le cadre de quotas accordés par le gouvernement russe.
La Russie élargit son dispositif de coopération au Sahel
La réunion de Niamey complète les mécanismes de coopération déjà établis par Moscou avec les autres membres de l’Alliance des États du Sahel. Des dispositifs similaires existent avec le Mali et le Burkina Faso.
La Russie dispose ainsi de cadres de coopération intergouvernementale avec les trois pays de l’Alliance, couvrant plusieurs domaines économiques et techniques.
La rencontre de Niamey a enfin permis d’aborder la préparation du troisième sommet et du Forum Russie–Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou.