Niger : «On va entrer en guerre avec la France», déclare le chef d'État major d'Abdourahamane Tiani

Niger : «On va entrer en guerre avec la France», déclare le chef d'État major d'Abdourahamane Tiani© David Zorrakino/Europa Press Source: Gettyimages.ru
Un groupe de militaires de la gendarmerie nigérienne, à Niamey. [Photo d'illustration]
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Lors d’un rassemblement à Niamey le 11 février, le chef d’état-major particulier du général Abdourahamane Tiani a affirmé que le Niger allait «entrer en guerre avec la France», accusant Paris de chercher à déstabiliser le pays. Des accusations rejetées par l’armée française, qui évoque une «guerre informationnelle».

Le général Ibro Amadou Bacharou, chef d'État major personnel du président du Niger, le général Abdourahamane Tiani, a appelé le 11 février les Nigériens à se préparer à « la guerre avec la France ».

« Cette mobilisation, elle est faite, elle est décrétée afin qu’on se prépare pour la guerre avec la France », a-t-il déclaré devant un public réuni dans un stade de la capitale Niamey. « Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France, on n’était pas en guerre, c’est maintenant qu’on va en guerre avec la France », a-t-il poursuivi, sous les acclamations de la foule.

« Nous sommes face à des gens qui, à cause de nos biens, à cause de notre richesse, veulent coûte que coûte nous ramener à […] ce qui a fait leur prospérité », a-t-il également affirmé dans cette séquence vidéo qui a largement circulé sur les réseaux sociaux ce 12 février.

Paris a, de son côté, fermement contesté ces accusations. « Il n’est pas question d’intervention française au Niger », a réagi le porte-parole de l’état-major des Armées, le colonel Guillaume Vernet, cité par l’AFP. Ce porte-parole de l’Hôtel de Brienne a ajouté qu’il s’agirait « manifestement de guerre informationnelle » de la part des autorités nigériennes.

Plus de deux ans de tensions entre Paris et Niamey

Les relations entre Paris et Niamey se sont tendues à la suite de la transition initiée en 2023, les autorités françaises refusant de reconnaître les nouvelles autorités nigérianes, exigeant la restitution du pouvoir à Mohamed Bazoum et suspendant une partie de l'aide accordée au pays. La brouille diplomatique avait débouché sur l’expulsion, quelques mois plus tard, des forces françaises du pays.

Le général Tiani a récemment mis en cause Emmanuel Macron ainsi que les chefs d’État béninois et ivoirien, les qualifiant de « sponsors » des assaillants de l’aéroport international de Niamey. Une attaque, survenue fin janvier, revendiquée par l’organisation terroriste « État islamique ». Des allégations qui avait été, là encore, rejetées par Paris.

Les tensions entre Niamey et Paris s’inscrivent également dans un contexte de contentieux économique. Les autorités nigériennes, qui revendiquent une reprise en main de leurs ressources naturelles, ont nationalisé la Somaïr (Société des mines de l'Aïr), filiale du groupe français Orano spécialisée dans l’uranium.

L’entreprise française a engagé plusieurs recours judiciaires, tandis que le Niger a annoncé son intention d’intenter une action, notamment pour préjudice écologique.

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