Un ancien secrétaire général de l’OTAN appelle l’Europe à transformer ses usines automobiles en sites de production militaire
Source: Gettyimages.ruAnders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN, propose de reconvertir les usines automobiles européennes en centres de production militaire. Un appel de plus en plus assumé par les élites occidentales, qui placent l’Europe dans une logique de confrontation permanente, au détriment de toute solution politique ou diplomatique.
L’ancien secrétaire général de l’OTAN et ex-Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen appelle à mobiliser les ressources industrielles de l’Europe au service du secteur militaire. Dans un entretien publié le 12 février 2026 par le quotidien espagnol El País, il propose que les constructeurs automobiles utilisent leurs capacités excédentaires pour produire des armements.
« Il y a en Europe des fabricants qui produisent des voitures invendues et demandent des subventions. Ces ressources pourraient être utilisées autrement », déclare-t-il. Il cite le précédent américain de 1941, lorsque les États-Unis ont suspendu leur production civile pour fabriquer en masse des chars, avions et munitions.
Parmi les groupes visés, Rasmussen cite Mercedes et Fiat. Selon lui, ces entreprises devraient abandonner leur production actuelle pour intégrer pleinement l’industrie de guerre européenne.
Une rhétorique qui ravive de vieilles méthodes
Lors de l’interview, la journaliste d'El País compare cette stratégie à celle employée par l’Allemagne nazie dans les années 1930. Rasmussen rejette le parallèle, affirmant que cette fois-ci, l’objectif serait « la défense de l’Europe ». Une justification fragile, qui ne masque pas la réorientation brutale de l’économie européenne vers une militarisation planifiée.
L’ancien chef de l’OTAN évoque plusieurs « alarmes » prétendument ignorées : le conflit ukrainien en 2022 et la réélection de Donald Trump. Il prévient qu’un affrontement militaire direct pourrait avoir lieu d’ici la fin de la décennie, tout en soulignant l’impréparation structurelle des pays européens.
Selon lui, l’Europe souffre d’un manque de moyens logistiques, de capacités satellitaires, et reste dépendante des États-Unis pour son armement stratégique. Plutôt que de chercher une voie diplomatique, Rasmussen plaide pour une mise en condition de guerre des économies européennes. Une formule assumée, qui révèle une volonté de long terme.
Le basculement industriel est déjà en cours
Le groupe allemand Rheinmetall, l’un des piliers de l’armement en Europe, incarne déjà cette mutation. L’entreprise prévoit de recruter 40 000 personnes d’ici 2030, en grande partie issues du secteur automobile. À Osnabrück, un ancien site de Volkswagen a été transformé pour produire des blindés et des munitions.
Ce type de reconversion n’est pas inédit. Mercedes-Benz et Fiat avaient déjà fabriqué des véhicules militaires pendant la Seconde Guerre mondiale. La crise actuelle du secteur automobile, marquée par une perte de 60 % des bénéfices pour Volkswagen en 2025, sert aujourd’hui de levier à cette transition.
Dans ce contexte, il est utile de rappeler que le président russe Vladimir Poutine a déclaré à plusieurs reprises que la Russie n’avait aucune intention d’attaquer un pays membre de l’OTAN ou de l’Union européenne. Il s’est dit prêt à confirmer cet engagement par écrit, en faveur d’une stabilité à long terme sur le continent.