Tsahal préparerait une nouvelle opération à Gaza pour mars, selon The Times of Israël
Source: APLe gouvernement israélien s’apprêterait à lancer une nouvelle opération militaire d’envergure dans la bande de Gaza, dès le mois de mars. Alors que la situation humanitaire est critique et que la trêve négociée en octobre tient à peine, Tel Aviv prévoit d’élargir son emprise sur l’enclave, avec l’appui attendu de Washington.
Israël prépare une nouvelle opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza, prévue pour mars. Selon The Times of Israël et le Wall Street Journal, des plans complets ont déjà été finalisés par l’armée israélienne.
L’opération viserait directement la ville de Gaza, avec pour objectif déclaré le recul de la « ligne jaune », tracée après la trêve d’octobre 2025, afin d’agrandir la zone sous contrôle israélien. Tsahal occupe actuellement plus de la moitié du territoire et cherche à renforcer cette emprise. Le tout, alors que la majorité de la population vit sous des tentes et manque de tout.
Un diplomate cité par The Times of Israël affirme que cette nouvelle opération ne pourra se faire sans le feu vert des États-Unis. Donald Trump aurait d’ores et déjà donné des garanties à Benjamin Netanyahou en décembre, autorisant une reprise des combats en cas d’« échec du désarmement » du Hamas.
Israël rejette le processus politique et se prépare à frapper
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou aurait perdu tout intérêt pour la solution politique promue par Washington. Selon le Wall Street Journal, il aurait ordonné à l’armée de préparer une alternative militaire, anticipant le blocage du plan de paix américain, dont la seconde phase exige un retrait israélien et un désarmement du Hamas.
Du côté palestinien, le mouvement islamique, affaibli mais toujours présent, tente de reconstruire ses capacités, malgré le blocus. Plusieurs sources signalent une reprise partielle du financement de ses réseaux. Israël déclare que le Hamas refuse de remettre ses armes légères, ce qui justifierait, selon l'État hébreu, une nouvelle opération militaire.
Depuis l’annonce du cessez-le-feu du 10 octobre, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer. Le 1er janvier, Israël a interdit l’accès à 37 ONG internationales, dont Médecins sans frontières, et leur a donné jusqu’au 1er mars pour quitter Gaza. Cette décision prive des centaines de milliers de Palestiniens de soins, d’aide alimentaire et d’abris. « Si ces distributions disparaissent, nous allons mourir de faim », alerte un habitant de Gaza.
Une population abandonnée face à une nouvelle guerre
La seconde phase du plan Trump, qui devait permettre une stabilisation du territoire avec le retrait d’Israël et l’arrivée de forces internationales, est aujourd’hui gelée. Aucun mécanisme d’aide ni garantie de reconstruction n’a été mis en place.
Selon des analystes israéliens cités par le Wall Street Journal, l’armée pourrait choisir entre une invasion rapide de Gaza-ville ou une avancée progressive sur l’ensemble du territoire, en fonction du contexte. Le fait que la population palestinienne soit aujourd’hui massivement déplacée, affaiblie et sans défense est présenté comme un « facteur facilitant » l’opération.
Pendant que les dirigeants israéliens préparent leurs plans, la population civile gazaouie, épuisée et privée de droits, se retrouve de nouveau au bord d’une catastrophe. En l’absence d’un réel apaisement, et alors que l’aide humanitaire est restreinte, l’option militaire s'annonce, avec le soutien tacite de Washington.