Syrie : des combats autour de Raqqa fragilisent le cessez-le-feu entre Damas et les forces kurdes
© Getty ImagesDes combats ont éclaté autour de Raqqa entre l’armée syrienne et les forces kurdes malgré un cessez-le-feu annoncé la veille. L’UE appelle à l’arrêt immédiat des opérations militaires, tandis que Damas et Washington évoquent les droits des Kurdes. L’accord prévoit l’intégration des FDS à l’État syrien, mais sa mise en œuvre demeure incertaine.
De violents affrontements ont opposé, le 19 janvier au soir, les forces gouvernementales syriennes aux Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, dans la périphérie de Raqqa, au nord du pays. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les troupes de Damas ont engagé des combats directs et bombardé une position militaire des FDS située au nord de la ville.
Ces violences interviennent pourtant au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu entre les autorités syriennes et les forces kurdes, censé marquer un tournant après plusieurs jours d’offensive rapide de l’armée dans le nord et l’est du pays.
Face à cette reprise des combats, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a appelé à « cesser immédiatement toutes les activités militaires » en Syrie. Elle a rappelé que la trêve constituait une étape cruciale pour éviter un nouvel embrasement du conflit, malgré la poursuite des hostilités sur le terrain.
Trump appelle al-Chareh
Sur le plan diplomatique, le président syrien Ahmed al-Chareh s’est entretenu dans la soirée du 19 janvier avec le président américain Donald Trump. D’après un communiqué officiel, les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité de garantir les droits et la protection des Kurdes dans le cadre de l’État syrien, tout en réaffirmant leur attachement à l’unité et à l’indépendance territoriale du pays.
L’accord annoncé le 18 janvier prévoit une réorganisation majeure des zones kurdes. Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a confirmé le retrait de ses forces de Deir ez-Zor et de Raqqa vers la province de Hassaké, affirmant vouloir éviter une dérive vers une guerre civile. Depuis, l’armée syrienne s’est déployée dans les territoires évacués.
Le texte, composé de quatorze points, acte l’intégration des FDS et des forces de sécurité kurdes au sein des ministères syriens de la Défense et de l’Intérieur. Il prévoit également le transfert à Damas de la gestion des provinces de Raqqa et Deir ez-Zor, ainsi que la prise en charge des prisons et camps abritant des membres de l’État islamique et leurs familles.
La reprise des combats montre toutefois combien cet accord reste fragile.