«L’Union européenne empêche le régime de Kiev de faire le moindre compromis» : Zakharova sur la fin du conflit en Ukraine
© Sergueï Bobylev / RIA NovostiLors d’un point presse, ce 12 février, la porte-parole de la diplomatie russe est revenue sur l’attitude observée depuis plus de dix ans par les Européens sur le dossier ukrainien, fustigeant en particulier leur faculté à brandir des «exigences».
« À ce stade, c’est précisément l’Union européenne qui empêche le régime de Kiev de faire le moindre compromis, en lui promettant de fournir tout le nécessaire pour la poursuite des hostilités ». Ce 12 février, lors d’un point presse, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a de nouveau fustigé la position de Bruxelles sur le conflit ukrainien.
« Ils nous ont maintes fois imposé des conditions inacceptables, que ce soit la prétendue « formule de paix » de Zelensky ou le déploiement sur le territoire ukrainien d’un contingent international dit de maintien de la paix. Aucune de ces initiatives n’était capable de devenir une base réaliste pour des accords de paix, mais ils en parlaient constamment comme de leurs exigences », a notamment dénoncé la diplomate russe, qui a également rappelé la poursuite par les Vingt-Sept de leur appui militaire à Kiev.
« Tout cela confirme bien entendu une fois de plus la détermination de l’eurocratie à empêcher par tous les moyens la fin du conflit. Je rappelle que les responsables européens ont déjà déclaré à plusieurs reprises qu’ils saboteraient tout accord sous prétexte qu’ils n’y participent pas », a-t-elle par ailleurs rappelé et fustigé la manière dont l’Occident détourne le regard des crimes commis par Kiev.
Elle a également rappelé la manière dont l’ancien président français François Hollande et la chancelière Angela Merkel ont, depuis l’éclatement du conflit en 2022, déclaré à la presse que les accords de Minsk – signés après les revers essuyés par les forces ukrainiennes faces au Donbass – n’auraient été qu’un moyen « donner du temps » à Kiev pour se renforcer militairement en vue d’une confrontation avec la Russie.
« Je me demande quand les représentants de l’UE, et en particulier ceux de l’Allemagne et de la France, présenteront au moins des excuses pour avoir participé à ce processus de négociation visant un règlement pacifique sous de fausses bannières », a ajouté sur ce dernier point Maria Zakharova.
« Aucun accord dans notre dos ne fonctionnera »
Ces déclarations s’inscrivent dans le cadre de l’habituelle inquiétude des chancelleries européennes, depuis le retour au pouvoir aux États-Unis de Donald Trump, de se voir tenues à l’écart de tout accord de paix en Ukraine. Un accord que le locataire de la Maison Blanche avait promis, durant sa campagne, de décrocher rapidement.
« Nous n'avons vu aucune concession du côté russe », a déclaré le 9 février, lors d’une intervention sur Euronews, la chef de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, estimant que les Russes ne prendraient pas « vraiment » les pourparlers « au sérieux » alors qu’elle était interrogée sur les discussions tripartites qui s’étaient tenues à Abou Dhabi.
« C'est aux Ukrainiens de décider du type de concessions qu'ils sont prêts à faire », avait-elle encore déclaré, reprenant un autre poncif éculé, et ce alors que Kiev ne cesse de perdre militairement du terrain malgré les plus de deux cents milliards d’aides militaires déversées ou promises depuis quatre ans par ses alliés occidentaux.
« Aucun accord dans notre dos ne fonctionnera, n’importe quel accord aura aussi besoin de la participation de l’Ukraine et de l’Europe », avait notamment déclaré Kaja Kallas début 2025 dans la foulée du retour à la Maison Blanche de Donald Trump qui, durant sa campagne, avait promis à mainte reprise qu’il résoudrait rapidement le conflit ukrainien.